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Un père de famille tue son ami dans un moment de colère

Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience est archicomble. Les yeux hagards, Abdelfettah se tenait au box des accusés. «Tu es accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner…», lui a lancé le président de la Cour. Qui est Abdelfettah et quel est son crime ? Issu d’une famille nécessiteuse d’un douar de la région de Safi, Abdelfettah n’avait jamais mis les pieds à l’école. Analphabète, il est resté chez lui, sans la moindre activité, durant toute son adolescence. De fil en aiguille, il est devenu journalier chez un boucher dans la capitale des Abda. Il a commencé à subvenir aux besoins de ses parents. Puis, il s’est marié. Une année plus tard, la naissance d’un enfant égaya le foyer conjugal. Au fil du temps, la vie pour le père était devenue très difficile. Abdelfettah ne pouvait répondre ni aux besoins de ses parents ni à ceux de son propre foyer. La solution ? Quitter son douar et la ville de Safi à la recherche d’un emploi qui lui permettra de gagner un salaire digne. Il a emballé ses affaires et s’est dirigé vers Casablanca. Il a rejoint son cousin qui y demeurait depuis belle lurette. Après quelques mois de chômage, il a fini par être recruté dans un chantier de construction. Mais tout a basculé en une seconde. Il a été impliqué dans une affaire de meurtre. Comment ? Depuis qu’il est arrivé à ce chantier de construction, il a entretenu une relation amicale avec Abdellah, un jeune homme, de vingt-huit ans, marié et père de trois enfants. Ils passaient ensemble tous les moments de repos. Mais tout d’un coup, un malentendu est venu mettre en danger leur amitié. Ils étaient dans une chambre qu’ils louaient ensemble et dînaient quand Abdelfettah allumé une cigarette. Abdellah lui a demandé une. Abdelfettah a refusé. «Tu me la demandes à chaque fois que je commence à fumer… Il faut que tu en achètes si tu veux fumer… », lui a dit Abdelfettah. Une phrase qui a mis Abdellah hors de lui. Il s’est permis aussitôt d’injurier son ami. Abdelfettah n’a pas réagi. Bouche bée, il a gardé le silence. Abdellah a continué à l’injurier. Abdelfettah ne savait pas pourquoi son ami a perdu complètement le contrôle de ses nerfs. Il ne l’avait jamais vu dans un pareil état. Pire encore, Abdellah a renversé la table sur lui. Abdelfettah a tenté de le calmer. En vain. C’est le moment où Abdelfettah a commencé également à perdre la raison. Et sans se contrôler, Abdelfettah a saisi un couteau qui était déposé sur une petite table et s’est lancé comme un taureau sur Abdellah en lui a assénant deux coups, dont l’un au niveau de sa poitrine. Évacué aux Urgences de l’hôpital Averroès, Abdellah a rendu l’âme. Et Abdelfettah a été arrêté. « Je n’avais pas l’intention de le tuer, M. le président », a-t-il tenté d’expliquer à la Cour tout en exprimant son regret. Un regret qui a eu un effet sur le jugement qui a été rendu contre lui. En bénéficiant des circonstances atténuantes, il a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.

Abderrafii ALOUMLIKI
Aujourdhui.ma

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