Accueil > Monde > Quand Dubaï invente l’avenir…

Quand Dubaï invente l’avenir…

À terme, jusqu’à vingt-six Airbus A380 pourront être reliés en même temps au terminal. Un second aéroport, le Dubai World Central International Airport, est en construction au sud de Jabal Ali. Tous les deux symbolisent la stratégie de Dubai, qui tourne autour de la création de complexes commerciaux hors taxe.

Ville franche où les taxes sont quasi inexistantes, Dubaï est un véritable paradis pour le shopping. On y trouve la plupart des produits de grandes marques. Situés au centre-ville, les centres commerciaux climatisés, d’architecture moderne sont autant de havres de fraîcheur.

Il fait 45 degrés à l’extérieur et 18 à l’intérieur, ce dimanche 17 septembre, quand nous avons décidé de faire un tour au centre de la cité. Ce centre, qui garde un caractère arabe, est constitué de petits immeubles et de ruelles étroites.

Les nouveaux quartiers s’étalent quant à eux dans le désert et le long de la côte au nord et au sud, constituant avec les villes de Jabal Ali, Jumeirah, Bur Dubaï, Deira, Sharjah et Ajman une agglomération de 2.033.787 habitants en 2006. Ces nouveaux quartiers, créés de toutes pièces, sont constitués d’immeubles, de résidences et de maisons individuelles.

Ils s’organisent au sud de part et d’autre de la Cheikh Zayed Road, la plus grande artère des Emirats arabes unis et futur centre urbain de l’agglomération. Bordée de gratte-ciels (573 dans l’émirat), elle permet de relier les zones résidentielles aux complexes touristiques construits ou en construction qui se trouvent au sud de la ville. Etalé le long des deux rives de la crique, le quartier central des activités de Dubaï se divise en deux parties (Deira du Nord, Bur Dubaï au Sud), que relient un tunnel et deux ponts.

Chaque rive a son lot de mosquées, de souks, de bâtiments publics, de centres commerciaux, d’hôtels, de buildings, de banques, d’hôpitaux, d’écoles, d’appartements et de villas. En fait, Dubaï, qui investit des dizaines de milliards de dollars dans le tourisme, le divertissement et l’immobilier, est un chantier permanent. Elle veut devenir d’ici à 2010 un carrefour planétaire de luxe incontournable attirant quinze millions de visiteurs par an. Selon des sources officielles, le volume des transactions immobilières enregistrées à Dubaï au cours de la seule année 2005 serait de 32.1 milliards de dirhams, soit l’équivalent d’environ 7.6 milliards d’euros.

Cette expansion remarquable du secteur de l’immobilier, due en grande partie à l’apport d’investisseurs étrangers venus tant des pays membres du Conseil de coopération du Golfe que hors CCG, ne pouvait être assurée que par l’abandon, par les autorités locales, du principe de l’interdiction d’accès des étrangers (hors CCG) à la propriété immobilière et donc par une redéfinition du cadre législatif applicable en la matière.

Le Freehold, compris comme une propriété foncière pleine et entière, a été lancé à Dubaï depuis plus de trois ans. En mai 2002, le Cheik Mohammad Ben Rached Al-Maktoum, alors Prince héritier devenu aujourd’hui l’Emir de Dubaï, avait annoncé la possibilité d’accès des étrangers (hors CCG) à la propriété immobilière dans certaines zones restant à être déterminées.

132 «communautés» de tailles variables

Dubaï est aujourd’hui une ville et un émirat. Fondé au XVIIIe siècle, l’émirat et la ville prennent de l’importance en participant à la création des Etats de la Trêve (Trucial States en anglais) en 1853 puis des Emirats arabes unis actuels en 1971. L’émir de Dubaï conserve ainsi de manière officieuse le poste de Premier ministre. L’émirat de Dubaï est divisé en neuf secteurs (cinq urbains, trois ruraux et Jabal Ali), divisés en 132 «communautés» de tailles variables et délimitées par les artères principales.

Avec 3.885 km_ et 1.186 867 habitants en 2006, c’est le deuxième émirat en terme de superficie et de population après Abu Dhabi. Ouvert sur le Golfe persique et situé entre les émirats de Sharjah et d’Abu Dhabi, la majeure partie du territoire est occupée par le désert du Rub al-Khali. La petite enclave de Hatta est sise dans les montagnes sur la frontière avec le sultanat d’Oman.
Pourtant, la ville de Dubaï connaît une importante expansion démographique. Il est prévu qu’elle atteigne 1,4 million en 2011, ce qui fait d’elle la ville la plus peuplée des Emirats arabes unis.

Mais sa croissance est surtout due à un afflux impressionnant d’étrangers. Sur l’ensemble des Emirats, dont la population s’élève à environ 2,5 millions d’habitants, les natifs sont sept fois moins nombreux que les étrangers. Et ces derniers ne sont, pour la plupart, pas arabes : 1,2 million d’Indiens, 600.000 Pakistanais, 100.000 Iraniens, et des ressortissants de dizaines d’autres nations dont plus de 7000 Marocains et autres Chinois, Sri Lankais, Afghans, Philippins ou Yéménites. A Dubaï même, les citoyens des Emirats ne forment que 8% d’une population dépassant le million. En tout, 85% de la population totale est formée de travailleurs immigrés venus principalement des autres pays arabes, du sous-continent indien et d’Asie du Sud-Est.

Réduire la main-d’oeuvre revient à arrêter le développement, poursuivre ce dernier ne peut qu’augmenter le flux d’immigration. Les chiffres sont très inquiétants. «Dans nos hôpitaux, le taux de naissance des Indiens est déjà trois fois supérieur au nôtre», s’inquiète un universitaire.
Aussi, de nombreux cadres et hommes d’affaires occidentaux travaillent-ils dans l’émirat pour y travailler dans les filiales de leurs multinationales.
Du fait de ses nombreux travailleurs étrangers, Dubaï est avant tout une ville cosmopolite, et elle est aussi la plus tolérante des valeurs occidentales par rapports aux autres pays avoisinants.

Bien que n’étant ni la capitale des Emirats arabes unis ni l’émirat le plus grand ou le plus peuplé, Dubaï est le plus connu des sept émirats qui composent la fédération.

Cette renommée est en partie due à la médiatisation des gigantesques projets touristiques en construction (Palm Islands, The World, Dubaï Waterfront, Dubaï Marina,…) et à l’architecture particulière et démesurée qui a vu se construire l’hôtel le plus haut du monde (l’hôtel Burj-Al-Arab), des gratte-ciels en plein désert, et qui devrait normalement accueillir l’immeuble le pus haut du monde fin 2008 (Burj Dubaï).
Ces projets sont revendiqués par le gouvernement comme un moyen de devenir d’ici quelques années la première région mondiale du tourisme de luxe et un des pôles mondiaux du tourisme familial, d’affaires, commercial,…

Les parcs à thèmes au milieu du désert

Dubaï est aussi verdoyante qu’on peut l’imaginer. En parcourant la ville, on découvre ses jardins secrets dont ceux de Jabal Ali. Les plus grands sont le Jumeirah Beach Park, et le Mushrif Park, suivis de Za’abeel Park, Creek Park, Safa Park, Mamzar Beach Park et Al Rashidya Park.
Il y a aussi le Wonderland et surtout le Wild Wadi, un parc aquatique d’exception, se trouvant au pied du Jumeirah Beach Hotel.

Dubai projette d’aménager le Dubailand qui sera, d’ici à 2008, le plus grand parc d’attraction du monde, 186 km2, deux fois Disneyland à Orlando, Floride. Il s’agit d’un Sports City qui contiendra deux stades de 30.000 places, un circuit de Formule 1, une école d’équitation, une école de golf avec plusieurs 18 trous, une académie de football, des parcs à thème (Pharao’s World, Water World, Kids World, Aviation and Experience World, Bio World, Animal World…), une zone résidentielle de luxe agrémentée de quelques spas, et un shopping center qui sera le plus grand au monde.

Reportage de El Mahjoub Rouane
LE MATIN

Commentaires

Voir aussi

Le chanteur Prince est mort à 57 ans à Chanhassen

Le chanteur américain Prince, l’un des plus grands musiciens pop de sa génération, est mort …