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Human Rights Watch épingle l’administration Bush

En matière de droits de l’homme, l’année 2005 restera comme celle de l’effondrement du leadership américain. C’est la thèse centrale du rapport annuel de l’organisation américaine Human Rights Watch, un document de 532 pages présenté mercredi à Washington. Certes, les Etats-Unis ne sont pas le «pire» des violateurs, mais c’est le plus influent. Or, selon Kenneth Roth, le directeur de Human Rights Watch (HRW), en soutenant publiquement les traitements cruels, inhumains et dégradants, l’administration Bush a encouragé les autres pays à s’asseoir sur les droits de l’homme. En 2005, soutient-il, il est apparu évident que «la torture n’était pas seulement un effet pervers et non désiré de la guerre contre le terrorisme, mais qu’elle constituait une politique délibérée de l’administration Bush».

Exemples : en janvier, devant le Sénat, l’Attorney general Alberto Gonzales, a défendu le droit de recourir à des traitements cruels, inhumains et dégradants sur des suspects étrangers de terrorisme, en dehors du territoire américain. En mars, Porter Goss, le patron de la CIA, a justifié le supplice par l’eau, qui consiste à faire croire à l’interrogé qu’il se noie. En août, un ancien conseiller de Bush, Timoty Flanigan a révélé aux sénateurs que l’expression «traitement inhumain» n’était pas, selon la Maison Blanche «susceptible de recevoir une définition simple». En octobre, Dick Cheney est allé batailler au Congrès pour tenter (sans succès) de torpiller une loi interdisant noir sur blanc le recours par les Etats-Unis aux traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Kenneth Roth a également regretté que Washington ferme désormais les yeux, au nom de la lutte contre le terrorisme, sur les violations des droits de l’homme au Pakistan, en Ouzbekistan, en Russie en Egypte ou en Arabie Saoudite. «Les Etats-Unis préfèrent aujourd¹hui insister sur des notions larges et floues de démocratie et de liberté, plutôt que sur les droits de l¹homme, qui sont juridiquement contraignants», regrette-t-il.

Le retrait des Etats-Unis de la scène des droits de l’homme a créé un vide qu’aucune autre puissance n’est venu combler. L’Union européenne aurait pu, selon HRW, endosser ce rôle, mais elle en a été incapable : «Elle continue de se battre dans une catégorie bien inférieure à son poids», juge Roth. Selon lui, cela tient en partie à son «dessaroi institutionnel». De ce point de vue, le rejet par la France et les Pays-Bas de la Constitution européenne est considéré par HRW comme une mauvaise nouvelle pour les droits de l’homme dans le monde.
L’Union, sous prétexte de favoriser le commerce et la diplomatie, ferme aujourd’hui trop souvent les yeux sur la situation des droits de l’homme des pays avec qui elle traite : les pays africains, mais aussi la Russie et la Chine. La France et l’Allemagne sont épinglées pour chercher à lever l’embargo sur les ventes armes à Pékin. L’Union européenne joue en revanche un rôle positif quant à l’évolution de la Turquie, pays qui souhaite la rejoindre ; et sa fermeté face au régime d¹Ouzbekistan, responsable d’un terrible massacre en mai, est également salué par le rapport.

Liberation FR

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