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Le diagnostic de Abdellatif Jouahri

C’est encore une fois les recettes voyages et les transferts MRE qui viennent à la rescousse de la balance des paiements du Maroc. En dépit d’un déficit commercial toujours accru et des exportations en panne, le Maroc est arrivé en 2004 à dégager une bonne santé financière.
Dans les résultats présentés à SM le Roi par le wali de Bank Al-Maghrib, les investissements extérieurs viennent après les transferts imputés à ces deux rubriques. Cela même si l’année 2004 a été marquée, sur le marché des capitaux, par l’introduction en Bourse de Maroc Telecom, , qui a largement contribué à la forte expansion du volume des transactions, de plus d’un tiers. Cette opération a engendré l’accroissement de près des quatre cinquièmes de la capitalisation boursière, qui a atteint 47% du PIB, l’indice MASI s’étant apprécié de 14,7%. Sur le plan intérieur, M. Jouahri souligne la maîtrise du niveau des prix et l’amélioration de la situation de l’emploi.
Conséquence sans doute d’un regain d’activité, le recul du chômage, tombé à un niveau de 10,8% à l’échelle nationale, 18,4% dans le monde rural. Autre point positif relevé au titre de l’exercice 2004, une croissance qui s’est poursuivie, y compris dans les secteurs non agricoles. La valeur ajoutée de ces secteurs est de 4,7%. L’ensemble des opérations avec l’étranger se sont soldées par des entrées nettes de devises de l’ordre de 17 milliards de dirhams. Les disponibilités en réserves de change se sont ainsi élevées à 144,8 milliards de dirhams. Bref, les équilibres fondamentaux ont été maintenus, avec des réserves en devises représentant l’équivalent de 10 mois d’importations de biens et de services. Bien au-delà du niveau de la dette extérieure. Concernant l’endettement global, le rapport note une augmentation de l’encours de la dette directe, bien que le taux d’endettement global du Trésor, y compris les emprunts garantis, soit revenu de 80,4% du PIB en 2003 à 76,6% en 2004. Dans ce total, la dette extérieure directe et la dette garantie représentent respectivement près de 16 et 10% du PIB. Au niveau des transactions avec l’étranger, la tendance à la dégradation de la balance commerciale s’est accentuée en 2004, en relation avec la persistance de facteurs défavorables tels que le renchérissement du pétrole, la diminution de l’offre des produits de la mer et l’intensification de la concurrence étrangère sur un contexte d’ouverture croissante de l’économie.
De fait, les importations se sont inscrites en forte augmentation, de 14,8%, qui a concerné tant les produits liés à la production, notamment le pétrole que les biens de consommation. En conséquence, les exportations, qui avaient fléchi de 2,9% en 2003, ont globalement marqué une hausse limitée, de 3%, et ont même stagné, hors ventes de minerai et de dérivés de phosphates. Ainsi, le déficit commercial s’est creusé de plus du tiers, pour représenter 15,9% du PIB, le taux de couverture des importations par les exportations revenant de 61,6 à 55,3% d’une année à l’autre. S’agissant des finances publiques, le wali de Bank Al-Maghrib note que le déficit budgétaire s’est établi à 3,2% du PIB, cela malgré l’accroissement des charges de fonctionnement et des charges exceptionnelles, dénotant le bon comportement des recettes fiscales et de celles tirées des privatisations. Sur le plan monétaire, le flux de devises a été, dans une large mesure, à l’origine du dépassement de la valeur de référence de progression des agrégats de monnaie ainsi que de la persistance des excédents de liquidités. Quant au taux de change du dirham, il a enregistré, en moyenne annuelle, une dépréciation de 1,9% par rapport à l’euro et une appréciation de 8% à l’égard du dollar. Pour sa part, le taux de change effectif du dirham est resté stable en nominal et s’est légèrement déprécié en termes réels. Le Wali de Bank Al-Maghrib plaide pour la baisse des taux d’intérêt, et l’incitation de l’épargne. Argument assez plausible dans un environnement marqué par la surliquidité. L’objectif visé est de permettre aux entreprises, PME notamment, de se financer au moindre coût, à des taux d’intérêts acceptables. Malgré ce bilan globalement satisfaisant, des progrès sont encore à faire, a souligné le Wali de Bank Al-Maghrib. Le rapport de l’Institut d’émission recommande l’accélération de la mise en œuvre de certaines réformes dont le processus de mise à niveau des compagnies d’assurance et des organismes de retraire et de prévoyance sociale.

source:aujourdhui

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