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Economie : Les syndicats exigent que seuls les salariés bénéficient de la baisse de l'IR
Posté par infosdumaroc le 7/1/2009 14:26:33 (8756 lectures)

Seul le salarié doit profiter de la baisse de l’Impôt sur le revenu (IR), estiment les centrales syndicales en appelant le patronat à ne pas interpréter autrement la décision gouvernementale.

Les différentes centrales syndicales rejettent catégoriquement l’appel du patronat pour faire bénéficier les entreprises de la baisse de l’Impôt sur le revenu (IR). C’est ce que viennent d’affirmer les responsables des principaux syndicats concernés par le dialogue social. D’après le secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT), Abderrahmane Azzouzi, le débat est clôt sur ce point. «Pour ce qui est de l’IR, la situation est claire et il n’y a pas lieu de discuter. Seul le salarié doit en profiter et non les entreprises», a déclaré hier à ALM le responsable du syndicat de l’USFP. «Les salariés s’attendent, selon le SG de la FDT, à ce qu’il y ait une augmentation des salaires et une baisse de l’IR et non le contraire». Le même son de cloche est relevé chez Mohammed Yatim, secrétaire général de l’UNTM. «Les entreprises profitent des exonérations fiscales, alors que les salariés souffrent», a-t-il constaté, avant d’ajouter : «Si ce sont les entreprises qui vont profiter de la baisse attendue de l’IR, cela va affecter sans nul doute le travail du fonctionnaire, chose qui va se répercuter sur sa productivité. Et enfin, c’est l’entreprise qui sera perdante».
Pour le SG de l’UNTM, dans la conjoncture internationale actuelle, les entreprises marocaines et le patronat doivent au contraire défendre l’intérêt des salariés pour qu’ils se sentent rassurés et travaillent dans de bonnes conditions. «Nous traversons aujourd’hui une conjoncture internationale très délicate. Alors, nous devons renforcer le pouvoir d’achat du salarié, à travers la baisse de l’IR et l’augmentation des salaires, et ne pas changer la destination de certaines décisions gouvernementales et leur prêter une lecture erronée sans se soucier de l’intérêt du fonctionnaire», a déploré M. Yatim. Sans réserve, le SG de l’UNTM va au-delà de l’IR. Il a en effet appelé à revoir le régime fiscal tout entier. «Nous appelons à une réforme globale du régime fiscal. D’abord parce que nous considérons que le fonctionnaire paye beaucoup plus d’impôts et compte tenu de ce qui se passe dans les autres pays de la Méditerranée, en l’occurrence la Tunisie, il est inconcevable que l’on continue avec un régime fiscal aussi défectueux», a déclaré M. Yatim. S’agissant de l’impact de la loi de Finances sur la hausse des prix que connaît notre pays, le SG de l’UNTM s’est montré étonné du fait que l’on parle d’une loi dédiée aux secteurs sociaux. «On dit que plus de 50% de la loi de Finances sont dédiés aux secteurs sociaux. Je trouve qu’il y a un grand malentendu à ce sujet. Si la caractéristique de cette loi de Finances est vraiment «le social», cela sous-entend qu’on doit revoir, entre autres, la taxation sur les médicaments, sur les produits scolaires, les soins médicaux, etc. Nous considérons que le gouvernement applique des doubles mesures, et nous appelons à une justice fiscale», a-t-il soulevé. Pour sa part, Miloudi Moukharik, secrétaire national de l’Union marocaine du travail (UMT), déclare que ce que revendiquent certaines tranches du patronat est «une contrebande sociale». «Encore une fois certaines tranches du patronat veulent pratiquer ce qu’on appelle «la contrebande sociale». Ils veulent tirer des bénéfices et profits de cette mesure gouvernementale», a-t-il indiqué. Il a affirmé en outre qu’il n’y a pas lieu de se livrer à une jurisprudence pour interpréter la décision gouvernementale sur la baisse de l’IR. «Pour nous, la situation est claire et ne prête pas à équivoque. Et sur le point de la baisse des impôts, il n’y a pas lieu de jurisprudence», a-t-il souligné, ajoutant que toute interprétation autre de la décision gouvernementale, qui est le fruit du dialogue entre le gouvernement El Fassi et les différents acteurs sociaux, est immorale.


Soufiane Belhaj
Aujourdhui.ma

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