Boussole… et cordons bleus

NOUAKCHOTT L’image du jour? Deux Mitsubishi Pajero empêtrées dans un piège de dunes, rebroussant chemin pour se remettre sur la bonne voie en croisant des motards aux sommets des dunes. C’était hier, en début d’après-midi, quelque part à mi-chemin entre Atâr et la capitale mauritaniennes. Alors qu’ils étaient repartis dans une grande chevauchée, Stéphane Peterhansel et Luc Alphand ont commis une erreur de navigation qui a bien failli leur coûter cher. «Nous avons raté d’un petit kilomètre le bon endroit pour entrer dans les dunes, explique Peterhansel. Du coup, nous sommes partis en hors piste dans du sable très mou. Ça nous a fait un peu de sport, surtout pour mon copilote qui a dû courir derrière la voiture pendant deux, trois dunes avec les plaques sur le dos ! Cette erreur nous a coûté 15 minutes, plus un demi-tour pour aller chercher la bonne passe.»

Le bon côté de la chose, pour les pilotes Mitsu c’est qu’ils y ont involontairement emmené le VW Race Touareg de Jutta Kleinschmidt, qui y est restée un bon moment, concédant plus d’une heure à l’arrivée. Plus futé que les rouges, c’est Thierry Magnaldi qui a profité de l’occasion pour signer sa deuxième victoire d’étape sur ce Dakar qui, au terme d’une semaine de course et à la veille de la journée de repos commence à tourner franchement à l’avantage de Mitsubishi. Deuxième de l’étape Peterhansel s’empare de la tête du général, mais pour 32 secondes seulement devant son équipier et camarade d’échappée du jour. «Le bilan à mi-parcours reste très bon, poursuit celui que l’on surnomme déjà le Cannibale. Après un début laborieux au Maroc, je me suis refait en Mauritanie avec le début des choses sérieuses : 9e du général il y a deux jours, 2e hier et premier aujourd’hui. C’est bien, même si l’écart avec Luc reste insignifiant. Mais j’insiste sur le fait que ce n’était pas une stratégie réfléchie, j’aurais préféré arriver ici avec 15 minutes d’avance. Enfin, le plan idéal était d’éliminer la concurrence et ensuite régler nos comptes entre nous et pour l’instant c’est ce scénario qui se dessine, même s’il faut encore se méfier de Giniel De Villiers.»

Troisième, à 26 minutes au général, le Sud-Africain est en effet le dernier rescapé de l’armada Volkswagen à pouvoir inquiéter sérieusement les deux leaders, tous les autres, hormis Roma, étant désormais relégués à plus d’une heure. Encore 5e à 34 minutes hier matin au départ de cette étape, Carlos Sainz a pris un sérieux coup de massue lorsque son Race Touareg s’immobilisa dans le sable mou en début de spéciale après avoir heurté des rochers dans une passe en montée. Contraint d’attendre son camion d’assistance, le Madrilène rebroussa chemin avant de reprendre la piste en milieu d’après-midi pour tenter de rallier Nouakchott dans les délais impartis. Décidément, pour la marque de Wolfsburg la journée de repos tombe vraiment à point nommé…

DH

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