Suspense pour le retour de Discovery

L’agence spatiale n’a voulu prendre aucun risque pour le retour sur Terre de ses sept astronautes, dans l’espace depuis 13 jours. Ce plongeon à travers l’atmosphère est un moment de grande anxiété pour la Nasa après la mort des sept astronautes de Columbia durant cette phase de rentrée, le 1er février 2003. Des conditions instables lundi, avec de possibles averses et un plafond nuageux trop bas, au dessus de la piste située au centre spatial Kennedy près de Cap Canaveral (Floride, sud-est), ont convaincu le directeur du vol, Leroy Cain, de repousser l’atterrissage de 24 heures. Nous repoussons officiellement votre retour de 24 heures, a annoncé froidement Ken Ham du centre de contrôle de la mission à Houston (Texas, sud) à l’équipage de Discovery qui a accueilli la nouvelle sans faire de commentaire. La navette disposera mardi de deux possibilités d’atterrissage en Floride et deux autres sur la base d’Edwards en Californie (ouest). La première possibilité s’ouvre à 05H08 (09H08 GMT) au centre spatial Kennedy. Si la météorologie s’annonce de nouveau défavorable en Floride, la Nasa devrait opter pour un atterrissage en Californie, la base de White Sands au Nouveau Mexique (sud-ouest) étant également disponible et prête à accueillir la navette.

Le rendez-vous manqué de lundi est une difficulté supplémentaire pour la Nasa qui a déjà fait face à une mission parsemée d’embuches. Ce vol a été marqué par nombre d’incidents techniques, dont le plus grave, la perte de morceaux isolants du réservoir externe pendant le lancement, a convaincu l’agence spatiale de suspendre ses vols tant qu’une solution n’aura pas été trouvée par ses ingénieurs. Cet isolant, dont un morceau de même nature avait causé la perte de Columbia en frappant son aile gauche au décollage, a de nouveau donné des sueurs froides à la Nasa quand des débris se sont détachés au décollage de Discovery le 26 juillet, épargnant par chance la navette. Le vol spatial habité reste quelque chose de difficile, nous sommes à l’aube de cette entreprise et non dans sa phase de maturité, a reconnu le patron de la Nasa, Michael Griffin, il y a quelques jours.

Néanmoins, M. Griffin s’est félicité de disposer désormais de données que nous n’avons jamais eu auparavant, ce qui donne une énorme possibilité aux ingénieurs d’apprendre de ce vol et de s’assurer que l’isolant (du réservoir) ne se détachera plus, lors de futures missions. Discovery a passé huit jours arrimée à la Station spatiale internationale (ISS). Outre l’inspection de la navette, les astronautes ont mené trois sorties dans l’espace pour réparer des équipements défaillants sur le laboratoire orbital et tester des méthodes de réparation de la navette dans l’espace. Discovery a apporté deux tonnes d’équipement et provisions à l’ISS qui n’avait pas vu le passage d’une navette depuis la fin 2002.

Le module de fabrication italienne Raffaelo qui a servi à apporter des pièces de rechange à l’ISS est de nouveau dans la soute de Discovery, rempli de trois tonnes de déchets et équipements qui encombraient le laboratoire orbital. La prochaine mission est fixée au 22 septembre avec le lancement d’Atlantis si Discovery rentre à bon port et que la Nasa trouve une solution garantissant que l’isolant protégeant le réservoir externe ne se détachera plus durant le décollage.

source:aujourdhui

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