Brèves informations sur les armes chimiques et biologiques - Quelles protections d'urgence pour les populations civiles ?
* Armes chimiques et mode de propagation


* Classification selon leur emploi


Les agents neutralisants : provoquent rapidement une incapacité qui ne se prolonge pas au-delà de l'exposition.

Les agents incapacitants : provoquent temporairement une maladie ou une incapacité mentale ou physique dont la durée dépasse largement la période d'exposition.

Les agents létaux : provoquent la mort lorsque l'homme y est exposé dans des opérations militaires et ou terroristes.

* Classification suivant leur mode d'action


Les gaz asphyxiants ou suffocants : liquides très volatiles qui, inhalés sous forme de gaz, s'attaquent à la muqueuse alvéolaire (le chlore et la phosgène). Peu utilisés.

Les vésicants : ce sont des liquides huileux qui provoquent des brûlures sur la peau. Le plus célèbre est l'ypérite plus connue sous le nom de gaz moutarde.

L'ypérite : synthétisée en 1822, utilisée pour la première fois comme gaz toxique de guerre en juillet 1917 à Ypres en Belgique, d'ou son nom d'ypérite. Incolore, inodore à l'état liquide, il devient gazeux s'il est ajouté à des solvants. Il peut dégager une odeur d'ail ou de moutarde, provoque des cloques sur la peau, les yeux et les poumons, pouvant dégénérer en cécités ou cancers

Les hémotoxiques (toxiques de l'oxygénation) : toxiques du sang qui entrent à l'intérieur de l'organisme par les voies respiratoires et perturbent l'utilisation de l'oxygène dans les tissus (acide cyanhydrique, chlorure de cyanogène).

Les neurotoxiques organophosphorés (agents inervants)

Agents toxiques les plus redoutables. Ces agents sont incolores, inodores, sans saveur, plus ou moins visqueux et volatils. Ils peuvent être absorbés par inhalation et par voie cutanée. Ils agissent sur le système nerveux et perturbent les fonctions vitales de l'organisme : obscurcissement de la vue, difficultés respiratoires, sueurs abondantes, vomissement, confusion mentale et enfin la mort. Une simple absorption par la peau pendant une à deux minutes peut entraîner la mort.

Le Tabun : découvert en 1937 par Gerhard Schader en Allemagne et a été produit industriellement pour la première fois en 1942. Le Tabun fut utilisé par l'Irak durant la guerre Iran Irak. Lorsqu'il est pur, le tabun est un liquide incolore avec une odeur fruitée.

Le Sarin : a été découvert en Allemagne en 1939. Il fut utilisé lors de la deuxième guerre mondiale et lors de la guerre entre l'Irak et l'Iran. C'est un liquide incolore et non persistant, qui ne dégage aucune odeur en se vaporisant. La vapeur est sans couleur. Il s'évapore 36 fois plus rapidement que le Tabun et peut être rendu plus persistant par l'ajout de certaines huiles ou produits pétroliers. Les symptômes sont : nausées, toux, diarrhées, difficultés respiratoires, vomissements, faiblesses musculaires, convulsions et mort par étouffement en dix minutes.

Le VX : est une version "améliorée" du Sarin. Les symptômes et le mode d'absorption sont les mêmes que pour le Sarin mais il peut se répandre dans l'air et dans l'eau et la dose mortelle est de 10 milligrammes contre 100 pour le Sarin.

Le Soman : découvert en 1944, jamais utilisé au combat. Le Soman a été produit en grande quantité par l'Union Soviétique. Le Soman, substance liquide incolore quand il est pur, mais brun jaune lorsqu'il est produit industriellement, qui a une odeur fruitée en se vaporisant ; sa vapeur est incolore. La dose mortelle par inhalation est d'environ la moitié de celle du Sarin. Il est plus persistant que le Sarin, et peut rester plusieurs jours dans une zone particulière, selon les conditions atmosphériques.

* Les principales armes biologiques, leurs modes de propagation


Trois grandes catégories

- des bactéries et des champignons microscopiques (peste, anthrax...)

- des virus (variole, fièvre jaune, Ebola...),

- des toxines bactériennes (toxine botulique, trichotécène...).

Dont les plus souvent mentionnés : le virus de la variole, le bacille du charbon, l'agent de la peste, et les virus responsables des fièvres hémorragiques (Ebola).

La peste : elle se transmet par inhalation (peste pulmonaire) ou par l'intermédiaire de puces ayant piqué des rongeurs infectés (peste bubonique). La contamination pourrait être provoquée par la dispersion d'agents infectieux dans l'atmosphère ou par l'intermédiaire d'une contamination des animaux.

La variole : déclarée éradiquée par l'OMS en 1980. Depuis, la vaccination a été logiquement abandonnée. Aujourd'hui moins de la moitié de la population mondiale est immunisée contre cette infection. Seuls deux laboratoires russe et américain sont censés détenir encore des souches de virus de la variole. Le virus se transmet par voie respiratoire, au contact des croûtes ou même par l'intermédiaire d'objets, sur lesquels il peut survivre quelque temps. Les premiers signes (ressemblant à la grippe) n'apparaissent qu'après une douzaine de jours et l'éruption de taches rouges et de pustules caractéristiques seulement trois jours plus tard, ce qui laisse un certain temps pour que l'infection se propage. La mortalité varie entre 20 et 50 % des cas.

Le charbon -anthrax : le bacille de l'anthrax se transmet soit par voie cutanée, provoquant une infection de la peau (escarre noirâtre) qui est mortelle en l'absence de traitement antibiotique adapté, soit par voie respiratoire, entraînant rapidement une détresse respiratoire.

Les virus responsables de fièvre hémorragique : ils se transmettent par les liquides ou excrétions corporelles (sang, selles, urines, sérosités...). La maladie se caractérise par des douleurs, de la fièvre, des saignements. La mort survient, dans des proportions très variables, par choc ou par détresse respiratoire.

Les toxines :

toxine botulinique : cette neurotoxine provoque le botulisme une affection qui se traduit par des paralysies musculaires et est fréquemment mortelle. Le plus souvent, elle est d'origine alimentaire, les aliments à risque étant des produits conservés et contaminés. Utilisées comme arme biologique les toxines peuvent être dispersées par aérosol. Inhalées par voie respiratoire, elles passent ensuite dans la circulation sanguine. Elles peuvent également être dispersées dans le réseau d'eau potable. Il s'agit d'un violent poison et il n'existe pas de traitement actuellement disponible, ni vaccin, ni anti-sérum. Toute personne atteinte de botulisme doit être hospitalisée pour une surveillance cardiaque et respiratoire (dans un service de réanimation) afin de pouvoir traiter une éventuelle paralysie respiratoire.

ricine : le ricin est une plante commune dont la graine contient une huile qui a été par le passé utilisée comme laxatif et aussi comme huile de moteur d'avion, et contient une protéine appelée ricine. Cette ricine est un produit très toxique, notamment lorsqu'elle est absorbée par inhalation.

* Qu'en est-il de la protection de la population civile en cas d'attaque nucléaire directe ou sur une zone distante, avec possibilité de retombées radio actives ( nuage radio actif par exemple) ?


Existe-t-il des moyens pour protéger la population civile contre une attaque de nature nucléaire, radiologique, biologique ou chimique (NRBC) ?

NON.

Seule l'armée s'est dotée de moyens de lutte contre le risque NRBC, à la fois en prenant en compte le risque industriel, et en se dotant de moyens (tenues NRBC, abris, moyens de détection et de décontamination, etc.) permettant d'opérer en ambiance NRBC, et en étendant cette capacité à toutes les opérations extérieures. Elle s'est également équipée de matériels pour rapporter la preuve juridique d'une attaque NRBC.

Il n'existe pas, par exemple, de stocks stratégiques de masques à gaz pour la population, laquelle ne fait pas l'objet de campagnes de sensibilisation de masse. L'accent est mis surtout sur la formation des personnels et sur les structures d'accueil hospitalières.

La société civile peut espérer, au mieux, gérer les conséquences d'une attaque de grande ampleur, avec des moyens tres insuffisants.

* Actions d'urgence en cas de nuage toxique repéré ou annoncé


Ne pas rester dans son véhicule

Se mettre à l'abri dans un local clos avec un linge sur la bouche et le nez

Dans l'attente des consignes des autorités responsables du déclenchement de plans d'urgence, rester confiner, prendre soin de fermer portes et fenêtres, et de boucher toute source d'aération telles cheminée, ventilation

En cas d'irritation, se laver les mains et le visage

Ne jamais quitter le local clos servant d'abri sans consigne des autorités

Rester à l'écoute de toute information concernant le problème.




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N'oublions pas: les américains l'ont déjà fait, ils sont capables de le refaire *****



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