Enquête. Le salaire des stars
Sans star system, nombreuses sont nos stars qui se nourissent de vaches maigres. Pour trouver l’herbe grasse, la pub est souvent le seul champ à brouter. Sachez-le donc tout de suite, ce n’est ni Byzance, ni le Pérou. Juste le Maroc.


L’argent des artistes, sujet tabou? Impossible de trancher. Les réactions des intéressés vont de la collaboration totale au refus catégorique. Et quand ils n'ont pas envie d'en parler, ils n'hésitent pas à aligner les faux-fuyants : un rendez-vous urgent à honorer, une réunion à tenir, un tournage en cours, on en passe et des meilleures. Il aura fallu en rappeler certains plusieurs fois pour avoir, au bout du compte, des monologues du genre “Allô? J'entends rien! Y a un problème de réseau”. C'est une très mauvaise pub pour la téléphonie mobile dont certains vantent pourtant les mérites contre espèces sonnantes et trébuchantes. Et puis, il y eut les autres. Ceux qui, adeptes de la vieille école et de la langue de bois, répondent de manière très évasive : “Je ne gagne pas grand-chose. L'art est mort”. “Pas grand-chose” n'est pas une information chiffrée publiable. Et “l'art est mort”, une affirmation bien trop philosophique pour un dossier de Une. Il y a eu ensuite cet artiste très populaire qui nous a confondus avec un agent du fisc. L'autre, susceptible, qui a interprété nos questions comme une immixtion illégitime et injurieuse dans sa vie privée : “Qui tu es, toi, pour me poser ces questions? Et tu étais où quand les artistes crevaient la dalle?” Puis, sans nous laisser le temps de placer un mot, il a raccroché brusquement. Il y a aussi les “définitivement injoignables”. Réellement en voyage, vraiment en tournage ou tout simplement hors zone de couverture. Des incontournables comme Mustapha Bastaoui, Rajaâ Belmlih, Khalid Nizar, Nassima El Horr, Hanane Fadili ou Souiri. Entre les injoignables et les récalcitrants, il y a tous les autres. Et là, il faut rendre à César ce qui lui appartient. La majorité, et c'est plutôt rassurant, ont très volontiers ouvert la porte. Sincères ou simplement désabusés, ils se sont tous prêtés au jeu. Un Abdelkader Motaâ avoue sans gêne aucune "je paie mes impôts. Je n'ai rien à cacher". Le jeune Abdessamad Miftah El Kheir tient particulièrement à démythifier l'image de la “star” pleine aux as : “Il est temps que les gens arrêtent de fantasmer sur la célébrité. être connu, ça ne nourrit pas toujours son homme”. Il a suffi parfois d'interroger les artistes sur ces histoires d'argent pour qu'ils se croient sur une tribune syndicale. Abdallah Didane a ainsi exigé que le Centre cinématographique marocain établisse enfin des barèmes de rémunération dans le cinéma. Faouzi Chaâbi, organisateur des Nuits des Jamours, a, quant à lui, dénoncé l'absence de reconnaissance financière en ironisant : “Nos artistes sont traités comme des neggafates”. Il est vrai que, hormis quelques rares artistes qui gagnent “très correctement” leur vie, beaucoup tirent le diable par la queue à chaque fin de mois. Parmi ces derniers figurent beaucoup de visages, et pas les moins acclamés par le public. C'est qu'au Maroc, ce n'est pas celui-ci qui détermine la valeur d'un artiste, mais un tas d'autres paramètres qui ne relèvent d'aucune logique et encore moins de professionnalisme. Elle dépend de l'estimation subjective du réalisateur, de son budget, de son humeur du jour, de ses rapports avec l'acteur… on mélange allègrement l'affectif et le travail. Mieux encore, l'excès de professionnalisme peut nuire gravement à la santé d'une carrière artistique. “Il est impossible d'avoir un agent dans ce pays. Si vous en prenez un, vous êtes sûr de vous retrouver sur la liste noire d'une bonne partie des réalisateurs. Vous êtes celui qu'il ne faut surtout pas engager”, affirme très courageusement Meftah El Kheir. Seule exception à cette règle, Hassan El Fad.
Vu sa notoriété, il a pu se payer ce luxe pendant un certain temps, avant d'y renoncer. Pour se dédouaner, les réalisateurs et les metteurs en scène avancent un argument imparable. Ils n'ont pas d'argent pour payer tous ces gens. On fait quoi alors? On ferme boutique et on se reconvertit en vendeur de sandwichs? Posons la question à Amal Chabli, qui en vend tous les jours dans le sud de la France. Elle avait pourtant démarré sa carrière de comédienne en fanfare. C'était elle, la femme de Rachid El Ouali dans Mektoub. La roue tourne vite au Maroc.
Et le quart d’heure de gloire fait office de règle, encore plus parmi la nouvelle génération. “à quelques exceptions près, la staritude a une durée de vie moyenne de trois ans”, résume cet autre réalisateur.
Mouna Fettou peut en attester : “Le cinéma, c'est comme le Monopoly. On se retrouve toujours à la case Départ. Et ça ne changera pas, tant que les acteurs demeureront la cinquième roue du carrosse”. Sauf lorsqu'ils prennent leur destin en main et font du hrig artistique. Encore faut-il qu'ils en aient l'opportunité. En attendant, ils restent, et tentent de briller at home.



Saïd Naciri

Saïd Naciri a un statut particulier. Il ne perçoit rien en son nom. Producteur, toutes ses prestations, films ou sitcoms, sont facturées au nom de sa société, Hicom productions. Cette dernière lui reverse de l'argent après paiement des charges inhérentes à toute entreprise. à la fin de l'année, il “dégage un bénéfice de 300.000 DH, déclare-t-il, soit le salaire d'un cadre moyen”. Saïd Naciri vend son one man show entre 40.000 et 50.000 dh la représentation. Pour animer une soirée de gala, ses tarifs varient de 30 à 40.000 dh. Saïd Naciri anime aussi des séminaires d'entreprise, il perçoit alors un cachet compris entre 25 et 30.000 DH. Côté cinéma, et malgré le succès de Bandits, Naciri déclare n'avoir pas encore couvert ses frais de production, à cause du retard de paiement des exploitants de salles. Pour le téléfilm Joue avec les loups, il a touché 60.000 dh en tant qu'acteur et 100.000 dh pour le scénario et la réalisation. Pour la série du ramadan R’bib, il a dégagé un bénéfice de 350 à 400.000 DH. Sa deuxième sitcom, Al Aouni, devrait rapporter à sa boîte de production quelque 500.000 dh. Côté pub, Saïd Naciri avait touché 750.000 DH pour sa pub “Polo oula walou”.



Abdelwahab Doukkali

Une tête d'affiche comme Abdelwahab Doukkali perçoit environ 50.000 dh pour une soirée. Il ne touche rien pour ses prestations si la manifestation est à caractère “national”. Auteur compositeur, Doukkali est adhérent à la SACEM (Société française des droits d'auteur). Son représentant au Maroc, le Bureau marocain des droits d'auteur, s'interdit de divulguer combien touche le chanteur. Il n'en demeure pas moins que Doukkali a demandé cette semaine même un calcul de ses points d'adhérent. Il en aurait cumulé suffisamment pour bénéficier d'un “salaire trimestriel” auprès de l'institution française.



Mohamed El Jem

Mohamed El Jem est à la tête de la compagnie du théâtre national. Du fait de son statut, cette troupe ne paye ni la location de la salle de spectacles, ni les frais de transports. La marge bénéficiaire s'en trouve augmentée. El Jem vend la représentation à 80.000 dh. Sur cette somme, il a un montant garanti de 10.000 dh, plus 50% sur la billetterie. à parts égales avec Abdelatif Dechraoui, le metteur en scène de la troupe. “Monsieur Blache” aurait aussi perçu 300.000 DH pour jouer dans la sitcom du ramadan Sir hta tji. Son cachet d’acteur pub est tenu secret.



Mohamed Khiari

Comique très populaire, Khiari perçoit entre 10 et 15.000 dh pour une représentation de son one man show. Il a revu à la hausse ses tarifs depuis l'époque de Masrah El Hay. Au sein de la troupe du Hay Mohammadi, il percevait 5000 DH par représentation. Khiari aurait perçu 250.000 dh pour la sitcom Sir hta tji, diffusée pendant le ramadan. Très présent dans la publicité marocaine, son contrat avec Maroc Telecom est tenu secret. Le microcosme des acteurs marocains parle de 60.000 dh par publicité tournée. Khiari n'a ni confirmé ni infirmé, il a refusé tout simplement de nous répondre.



Saïd Senhadji

Il demande entre 25 et 30.000 dh pour une prestation au Maroc. La moitié lorsqu'il s'agit d'une soirée à l'étranger, soit entre 15 et 20.000 dh. Il faut dire que Senhadji n'a plus la même cote qu'avant et qui plus est, n'a aucun talent de négociateur. Suivant l'exemple de Daoudi, Stati et Najat Aâtabou, Senhaji s'autoproduit aussi, mais ses bénéfices sur la vente des cassettes plafonneraient à 85.000 dh en moyenne. Fini, le temps où il était au top des ventes. Auteur-compositeur, il pourrait arrondir ses fins de mois avec ses droits d'auteur. Seul problème, il ne s'est pas inscrit à la Société des droits d'auteur en France (Sacem).



bdelaziz Stati

Dans le monde de la chanson chaâbi, les tarifs sont fluctuants. Stati peut accepter de jouer pour 15.000 DH comme il peut percevoir des cachets de 50.000 DH. Ce fut le cas lors du festival de Casablanca. Jolie culbute, ceci dit, puisque en 1983, il plafonnait à 1.200 dh la soirée. Aujourd'hui, quand il se produit à l'étranger, Stati touche entre 40 et 50.000 dh. Et, à l'image de ses confrères du chaâbi, l'été reste la haute saison par excellence. Il anime un mariage par semaine de juillet à septembre. Avoir Stati comme fond sonore durant vos noces vous coûtera 20.000 dh si vous êtes Casablancais ou R'bati, et 40.000 dh s'il doit se déplacer en dehors du Maroc “utile”. Invité sur les plateaux-télé, Stati est payé entre 5000 et 6000 dh. Pour enregistrer une cassette, Stati perçoit environ 600.000 dh. Il en sort en moyenne deux tous les dix-huit mois. Son producteur, depuis les années 90, n'est autre que son frère. L'entreprise familiale vend en moyenne 200 à 300.000 cassettes. Bénéfices non communiqués, mais ils pourraient être encore plus conséquents si Stati n'était pas victime du piratage.



Rachid El Ouali

Le beau gosse du cinéma marocain a fait du chemin depuis dix ans. Jeune espoir en 1995, il avait perçu 10.000 DH pour Voleur de rêves de Hakim Noury. Aujourd'hui, il est payé entre 50 et 70.000 dh pour un premier rôle au cinéma. Son plus gros cachet? 120.000 DH pour Et après de Mohamed Ismaël. Récemment, il a accepté de jouer dans la suite de Elle est diabétique, hypertendue et refuse de crever pour un montant de 100.000 dh. à la télé, Rachid El Ouali négocie ses cachets mieux que les autres. Pour Mhain D Lhoucine, il a perçu 40.000 dh. Soit 20.000 dh de plus que la grille tarifaire établie par 2M pour ses productions de téléfilms. Acteur de pub pour Maroc Telecom et Assakan Chaâbi, il n'a pas voulu divulguer le montant de son cachet. Tenu par le secret du contrat.



Abdessamad Miftah El Kheir

Avec sept ans de carrière à peine, c'est un visage reconnu et demandé. Il compte à son actif deux pièces de théâtre. Ses émoluments s'élèvent à 3000 DH la représentation, pour un maximum de 40 représentations l'an. Côté cinéma, Miftah El Kheir n'a tourné que dans un seul film, pour un cachet de 25.000 DH. Mais c'est à la télé que l'essentiel de ses apparitions se fait. Miftah El Kheir a, depuis le début de sa carrière, tourné cinq téléfilms, à raison d'un téléfilm par an et un cachet variant entre 15 et 20.000 le rôle. Ajoutez à cela un second rôle dans la sitcom ramadanesque Ana Ouyak, aux côtés de Abdellah Didane et Samia Akariou. 60 épisodes pour un forfait global de 100.000 DH. Et, en définitive, quelques troisièmes rôles dans des productions étrangères, dont le docu fiction L'Ancien égyptien. Une production anglaise qui lui a offert un cachet de 80.000 DH. Reste la pub. Les deux spots de Maroc Telecom lui ont rapporté 100.000 DH chacun.



Rachid Nini

“Une star qui roule en taxi blanc? C'est ce que je suis. Pour être honnête, j'ai été promu, il y a un an. Maintenant, je roule en petit taxi”, ironise Monsieur Nostalgia. Son salaire à 2M est de 9000 DH. “C'est le seul revenu que je considère comme constant”, poursuit-il. Pour le reste, ses chroniques sur Assabah, Al Jarida al oukhra et Casamaville, Rachid Nini affirme être payé en free-lance. Le chroniqueur le plus lu du pays ne se plaint pourtant pas. “La staritude” au Maroc est symbolique. Et le manque de fortune est compensé par le respect et l'amour des gens. “Si je dois choisir entre les deux, ce sera la respect du public”. Il a ainsi refusé plusieurs propositions, notamment écrire des sketchs pour des humoristes renommés de la place.



Mouna Fettou

Dans le métier depuis quinze ans, Mouna Fettou touche entre 50 et 100.000 dh pour un premier rôle au cinéma. à titre de comparaison, elle n'avait perçu que 5000 dh pour son interprétation dans Un amour à Casablanca, en 1991. Pour un téléfilm, ses tarifs se situent entre 30.000 et 50.000 dh. Elle ne fait plus de théâtre depuis sept ans, mais quand elle montait encore sur les planches, elle touchait entre 2000 et 2500 dirhams par représentation. Soit le tarif syndical. Au top de sa gloire, Mouna Fettou fréquentait encore les plateaux de tournage pub. Elle a perçu 50.000 dh pour le spot “Lalla fait tout” en 1993. Et 70.000 dh pour vanter la privatisation en 1994. Depuis, plus aucune pub à son compteur.



Choumicha

S'il y a un visage qui vaut son pesant d'or au Maroc, c'est celui de Choumicha. Preuve en est, elle est la seule à avoir reçu une proposition d'un million de dirhams pour le tournage d'un spot publicitaire à diffuser pendant un an (cachet dont seul Jamel Debbouze peut se vanter). Ceci dit, Lady Cuisine a refusé. Elle devait vanter les mérites d'un produit agro-alimentaire. Son émission étant sponsorisée par des marques opérant dans le même secteur, il y avait incompatibilité avec son contrat avec 2M. Mais là n'est pas l'unique raison. Choumicha ne veut surtout pas tomber dans le piège commercial. Ce qui explique aussi le fait qu'elle n'anime plus de soirées de lancement - d'électroménager essentiellement. Des prestations d'une après-midi facturées à quelque 45.000 DH. Par ailleurs, son émission étant co-produite par la chaîne et une boîte de prod, Choumicha fixe elle-même son salaire. Aujourd'hui, il est de 15.000 dh pour présenter “Ch'hiwates Choumicha” et assumer la direction de publication de la revue Saveurs et cuisine du Maroc. à signaler aussi que ses livres de cuisine ont été classés l'année dernière parmi les cinq meilleures ventes des libraires. Le bénéfice dégagé sur ces livres a été injecté dans la société d'édition de son magazine.



Abdallah Didane

Acteur de théâtre, Abdallah Didane perçoit 2000 dh par représentation de Don Quichotte, la dernière création de sa troupe. Il présente au public sa pièce dix fois au minimum dans l'année, comme le prévoit le règlement du théâtre subventionné. Mais, pour mettre du beurre dans les épinards, Didane démarche des clients privés et leur propose des représentations supplémentaires. En 2005, il a réussi à en vendre douze. Il monte alors sur scène pour les mêmes tarifs, mais cette fois-ci, il perçoit un supplément de 20% sur les billets vendus. Cet intéressement lui rapporte 2500 DH par représentation. Abdallah Didane a tourné trois téléfilms pour 2M cette année. Des premier rôles payés 20.000 dh chacun. Pour Ana ouyak, sitcom diffusée sur 2M, son cachet était de 120.000 dh. La TVM paye moins bien les comédiens. à titre de comparaison, il n'a perçu que 80.000 dh pour Qitar al hayat, une série de 30 épisodes de 25 minutes qui sera diffusée prochainement par la première chaîne. 2005 aura donc été un “aâm zouine” (une bonne année). Il a réussi à économiser 100.000 dh. Cinq fois plus que les mauvaises années.



Najat Aâtabou

La diva marocaine ne se déplace pas pour moins de 40.000 dh. Prix non négociable, c'est un principe chez elle, qu'elle se produise au Maroc ou à l'étranger. Pour une soirée télé, Aâtabou toucherait dans les 25.000 dh, dixit un producteur de la place. Un tarif largement supérieur à ses homologues masculins de la trempe de Stati ou Daoudi. Pour la faire entrer en studio, et enregistrer ses vocalises, un producteur doit débourser pas moins de 300.000 dh. Aujourd'hui, elle assume elle-même la production de ses œuvres. Mais, pour l'heure, elle n'a sorti qu'une cassette. Trop tôt donc pour calculer ses gains en tant que productrice. Auteur compositeur, Najat Aâtabou est inscrite à la Société des droits d'auteur en France (Sacem). Montant des droits d'auteur non communiqué.


Imad N'tifi

Il est l'animateur vedette de la télé des années 2000. Robaiyates, Fasila, Assahratou Lakoum, les primes de 15 ans/15 talents et les soirées de Studio 2M. Il est, aujourd'hui, le seul à pouvoir assurer un direct de cinq heures sans accrocs. Et tout ça, pour un salaire qui ne dépasse pas les 10.000 DH. Comme tout le personnel de 2M, il peut aussi prétendre à une gratification équivalant à deux mois de salaire à la fin de l'année, mais ça s'arrête là. Ses prestations pour les soirées caritatives sont offertes gracieusement. Imad roule pourtant en Jaguar, ce qui justifie qu'on lui prête une grosse fortune amassée en animant des soirées privées. “Ma famille est plutôt aisée et pour ce qui est de la Jaguar, je peux vous en obtenir une, pour 160.000 DH”, répond-t-il. Côté pub, à l'image de toutes les “stars” marocaines, Imad N'tifi a reçu quelques propositions pour tourner des spots. La plus récente partait d'un cachet de 300.000 DH. Mais il a dû refuser, la direction de 2M le lui ayant interdit. Résultat, Imad N'tifi déclare aujourd'hui réfléchir à une reconversion dans l'événementiel ou la production.


Abdelhadi Belkhayat

Le chanteur de “Qitar Al Hayat" exige un cachet de 50.000 dh pour animer une soirée. Par contre, à l'image de son alter ego Abdelwahab Doukkali, il ne perçoit rien lorsqu'il s'agit d'une soirée à caractère patriotique. La scène était sa seule source de revenus depuis vingt ans jusqu'à la sortie d'”Al Mounfarija”, chanson composée spécialement pour le Festival des musiques sacrées de Fès. Il l'a ensuite vendue à un producteur pour 600.000 dh. Gros hic cependant, le producteur a fait sponsoriser le cd par la marque de thé Sultan à son insu. Ce qui a eu le don de mettre en colère Belkhayat, farouchement opposé au mélange art et pub. Belkhayat est également inscrit à la Sacem, mais il déclare percevoir des sommes modiques. Entre 2 et 3.500 dh par trimestre. Amen !


bdelkader Motaâ

Quarante-six ans de carrière, dont la seconde moitié essentiellement tournée vers la télé. Une série-télé par an, payée 2800 DH l'épisode (pour une moyenne de trente épisodes). Un film en 2004, Bandiya avec Saïd Naciri, contre un cachet de 12.000 DH. Et un téléfilm sur 2M avec le même Naciri (Laïb maâ Diab), pour 15.000 DH. Son rôle dans la sitcom R'bib a été estimé à un forfait de100.000 DH pour les trente épisodes. Mais Motaâ est aussi LA voix off des messages publicitaires. Un créneau qu'il a investi depuis plus de vingt ans, survie oblige. Motaâ enregistre entre trente et quarante messages publicitaires par an, pour un forfait de 2000 DH chaque le message. Il compte aussi quelques concepts de spots (accroche et signature comprises) rémunérés entre 1500 et 2000 DH. Motaâ anime aussi des soirées de lancement de produits. Son cachet ne dépasse jamais alors les 20.000 DH.


Mohamed Meftah

Mohamed Meftah fréquente aussi bien les plateaux de tournage marocains qu'étrangers. Son plus gros cachet dans le cinéma marocain : 60.000 DH. à la télévision, il touche 30.000 DH pour un premier rôle. Ce fut notamment le cas pour Un week-end à Larache, téléfilm de Daoud Oulad Syad. Il a perçu le même cachet pour sa prestation dans Meurtres et enquêtes, série policière diffusée sur 2M en 2002. Pour les tournages étrangers, Mohamed Meftah revoit ses tarifs à la hausse. Il négocie son charisme à 12.000 DH/jour pour une production italienne ou française. Par contre, il se fait payer au forfait pour les feuilletons historiques syriens. En 1999, il a touché 60.000 DH pour deux épisodes de Moulouk Attaouaif. 200.000 DH en 2002 pour Saqr Kouraichi. Et plus récemment, 500.000 DH son rôle dans la série Salahdine Ayoubi où il apparaît dans dix-neuf épisodes.


Hassan El Fad

Hassan El Fad a des tarifs différents en fonction de la teneur de la soirée. Pour une simple animation, ses prix vont de 15 à 20.000 DH. S'il doit jouer son one man show intégralement, il revoit ses tarifs à la hausse. Hassan El Fad seul sur scène, c'est un cachet de 30.000 dh la représentation. S'il doit prendre en charge le décor, le prix grimpe à 70.000 dh. Côté publicité, Hassan El Fad a signé un partenariat avec Méditel. Le montant de son contrat est “secret défense”. Plusieurs chiffres ont été publiés par la presse. 500.000 DH? 800.000DH ? Nous n'en saurons pas plus, ni l'artiste ni Méditel n'ayant voulu commenter ce chiffre.


Abdellah Daoudi

Un artiste du calibre de Daoudi se produit au Maroc pour un cachet compris entre 30 et 50.000 DH. Par contre, et paradoxalement, son cachet à l'étranger plafonne à 13.000 dh. Selon un producteur de la place, cette différence flagrante n'est pas due à une baisse de cote de l'artiste auprès de la communauté marocaine expatriée, mais plus simplement à de mauvaises négociations de son manager, qui n'est d'ailleurs autre que son frère. Côté cassette, Daoudi a, depuis quelques années, opté pour le self-service. Il s'autoproduit, vend une moyenne de 250 à 300.000 cassettes et en sort jusqu'à six ou sept par an. Bénéfices estimés sur une cassette : 700.000 DH. Se prendre en main lui réussit manifestement, puisque sa dernière collaboration avec un producteur externe ne lui a rapporté que 450.000 dh. Comme quoi, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.


Amina Rachid

La belle-mère la plus célèbre du cinéma marocain ne tourne pas pour l'argent, mais pour le plaisir de jouer. La fortune de son mari, Abdallah Chakroun (également homme de théâtre), lui permet ce petit luxe. Les cachets d'Amina Rachid au cinéma ne sont d'ailleurs pas du tout à la hauteur de sa notoriété. Elle a touché seulement 100.000 dh pour Elle est diabétique, hypertendue et refuse de crever, de Hakim Noury. Grande dame, elle n'a pas fait de surenchère pour jouer dans la suite du film. Sa présence était pourtant indispensable. à la télé, ayant prêté son talent pour valoriser la dernière sitcom de Saïd Naciri, El Aouni, elle n'a pas été très gourmande. Son cachet pour le rôle de la belle-mère insupportable : 100.000 DH.




Telquel.



Cette article provient de Infos du maroc
http://www.infosdumaroc.com

L'URL pour cette article est :
http://www.infosdumaroc.com/modules/sections/index.php?op=viewarticle&artid=32