| Livres, journaux… Les vendeurs d'illusions C’est l'âge d'or des marchands de bonheur, des vendeurs d'illusions et autres bonimenteurs. Les libraires du quartier des Habous écoulent chaque jour des dizaines voire des centaines d'ouvrages traitant de magie et de sorcellerie . Véritable auteur à succès, un certain Tokhi met régulièrement sur le marché des titres qui s'arrachent comme des petits pains. Il se dit astrologue et prétend avoir reçu, dans un songe, l'autorisation de divulguer des secrets prophétiques ! “Ces petits ouvrages ne coûtent pas cher mais le néophyte peut y trouver son compte”, précise ce libraire stupéfait par l'ampleur de la demande. Dans ces petits bréviaires du sorcier amateur, on trouve toutes les bonnes vieilles recettes, du philtre d'amour au méchant sortilège, en passant par le détecteur de trésor. Dans cette course à l'irrationnel, la presse non plus n'est pas en reste. Même les journaux réputés “sérieux” ne refusent plus de passer les annonces de sorciers ayant pignon sur rue, numéros verts en sus. En plus, une floraison de journaux spécialisés a vu le jour depuis quelques années. Le monde de l'Astrologie, le Zodiac cartonnent avec des Unes alléchantes sur les djinns, les sortilèges et autres phénomènes paranormaux. Dans ces titres, voyants, herboristes, guérisseurs, médiums, tous se font une publicité régulière. Cet engouement pour l'irrationnel a même fait naître des métiers subalternes. Ainsi cette marrakchie, mariée à un Saoudien, et installée à Rabat pour les besoins de son commerce, s'est spécialisée dans la vente d'eau de Zemzem. Pour ce faire, elle accomplit le voyage à la Mecque une fois par mois. La demande est intarissable. Telquel.
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