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Maroc : Destitution du maire de PJD de Meknès par le ministère de l’Intérieur
Posté par infosdumaroc le 2/2/2009 21:02:59 (1906 lectures)

Aboubakr Belkora, président du Conseil de la ville de Meknès, a été destitué par le ministère de l’Intérieur, en raison de dysfonctionnements relevés dans la gestion de la capitale ismaïlite.


Le Parti de la justice et du développement a perdu la présidence du Conseil de la ville de Meknès, la mairie-phare qu’il dirige depuis 2003 avec celles de Témara, Leksar Lekbir et Oued Zem. Jeudi dernier, le ministère de l’Intérieur a rendu une décision annonçant la destitution du maire de cette ville, Aboubakr Belkora. Cette décision a été prise sur la base d’un rapport, établi par l’inspection générale de l’administration territoriale, durant la période de juillet 2008 à janvier 2009, relevant sans les dévoiler plusieurs «dysfonctionnements» dans la gestion de cette mairie. Mais des sources au PJD ont indiqué que ces dysfonctionnements consistaient en des dérogations aux normes de construction en vigueur. Le principal dysfonctionnement aurait été relevé au niveau d’un immeuble, situé à Meknès, et dont le propriétaire n’est autre que le maire Belkora. Ce dernier aurait «transformé en rez-de-chaussée le sous-sol de l’immeuble controversé, portant à cinq au lieu de quatre étages autorisés par la loi». «Cela daterait de 2002, année à laquelle Aboubakr Belkora n’était pas encore président du Conseil de la ville de Meknès, ni même encore membre du PJD», a tenu à préciser le député PJD à Fès Lahcen Daoudi, dans une déclaration à ALM. La révocation, précise un communiqué du ministère de l’Intérieur, «répond au souhait exprimé à tous les niveaux, Etat, partis politiques, organisations de la société civile et citoyens, pour la moralisation de la vie publique et de la gestion de la chose locale». La même mesure a été prise à l’encontre de deux autres présidents de communes, en l’occurrence ceux de Lahraouiyine et de la commune rurale d’Oulmès. Ces mesures ne doivent pas être interprétées comme étant «dirigées contre une partie ou une formation politique déterminée», comme semblent vouloir le «faire accroire certaines rumeurs» véhiculées à propos du Pari de la justice et du développement, a précisé le ministère de l’Intérieur. Reste que ce n’est pas de cette oreille que l’entend le PJD. Selon M. Daoudi, la révocation du maire Belkora serait «une décision purement politique». Le parti d’Abdelilah Benkirane a convoqué, samedi dernier, au lendemain de l’annonce de la révocation, une réunion d’urgence pour examiner les mesures à adopter en réaction à cette décision. Interrogé sur la nature de ces mesures, M. Daoudi a annoncé la décision du parti de recourir à la justice. «Nous allons recourir à un tribunal administratif pour contester la décision du ministère de l’Intérieur», a-t-il révélé à ALM. «La décision de l’Intérieur n’a rien à voir avec les erreurs de gestion», enchaîne M. Daoudi, qui déplore que cette décision ait touché la mairie de Meknès au même titre que celles de Lahraouiyine et Oulmès. Après avoir remporté la mairie de Meknès, le PJD avait promis de s’ériger en modèle dans la gestion communale au Maroc. «Cet espoir s’est rapidement envolé en fumée vu les nombreux dysfonctionnements qui ont entaché la gestion de cette ville», observe un analyste de la chose communale. Ce dernier en veut pour exemple (et preuve) la mauvaise gestion du transport qui a privé Meknès de bus pendant deux ans. Mais les responsables PJD ne veulent rien entendre à cette explication. «Il y a deux poids deux mesures. On innocente les voleurs, et on punit les gens corrects», s’indigne M. Daoudi, qui considère la décision de révocation du maire PJD comme étant «inappropriée», d’autant plus qu’elle (cette décision) est rendue «cinq mois avant les élections communales» du 12 juin 2009. Une allégation que le ministère de l’Intérieur s’est empressé de rejeter, en précisant que la révocation a été dictée par «la réalité des irrégularités constatées par les commissions en charge des opérations de contrôle, qui ont concrètement relevé que la gestion des communes (en question) était contraire aux lois en vigueur dans différents domaines».


M’Hamed Hamrouch
Aujourdhui.ma

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