Le nombre de filles non scolarisées au niveau mondial est passé de 60 à 43 millions en 2006 indique une étude du Centre pour le Développement Global, qui estime que le phénomène persiste dans les pays où les minorités sont économiquement et socialement défavorisées et les femmes tenues à l'écart.
C'est en Afrique (47%) et en Asie du Sud (25%) où l'on trouve les plus hauts pourcentages de filles qui ne fréquentent pas l'école, et c'est en Amérique Latine que les filles des groupes minoritaires représentent la plus forte proportion, selon l'étude intitulée "Absence inexcusable: pourquoi 60 millions de filles ne sont pas encore en école".
L'étude, rendue publique dernièrement par la Banque Mondiale à Washington, relève que des millions de filles dans le monde ne vont pas à l'école et trois quarts d'entre elles appartiennent à des minorités ethniques, religieuses, linguistiques, raciales et autres qui sont en marge de la société.
Elle met en lumière les écarts souvent considérables qui existent entre les filles des groupes minoritaires et majoritaires en termes de scolarisation et d'achèvement des études, "un phénomène auquel on n'avait pas prêté attention jusqu'ici" indique le co-auteur de l'étude, Mme Maureen A. Lewis, économiste en chef par intérim pour le Réseau Développement humain de la Banque mondiale.
Alors que le niveau de scolarisation des filles rattrape, voire dépasse, celui des garçons dans beaucoup de pays, les filles des groupes minoritaires marginalisés restent au bas de l'échelle en termes d'éducation.
Des études ont démontré qu'une réduction des disparités entre les sexes en matière d'éducation a un impact positif sur la croissance économique. En revanche, le manque d'éducation et de qualifications rend bien plus difficile la possibilité pour elles et leur famille d'échapper à l'extrême pauvreté et de se protéger contre la violence familiale et le VIH/SIDA.
"Vu ses incidences positives sur le développement économique et social, les pays ne peuvent pas se permettre de négliger l'éducation des filles", soulignent à cet égard Mme Lewis et l'autre co-auteur de l'étude, Marlaine E.Lockheed, ancien chef du Secteur Education à la Banque.
MAP



