Le nouveau président de la République française vient d'être élu, après de longues semaines où la campagne aura révélé deux figures, jeunes et ambitieuses, opposé également deux visions et deux modèles. Il n'est pas futile de rappeler qu'aussi bien la campagne électorale – et le débat qu'elle a suscité – que le choix du nouveau chef d'Etat n'ont pas manqué d'intéresser largement les Marocains. D'où une légitime question qui, n'en doutons pas, se pose dès ce lundi 7 mai, à tout le moins, sur toutes les lèvres des dirigeants et des membres de l'establishment marocain.
Premier partenaire du Maroc, la France est perçue essentiellement comme un pays ami, dont la présence – pas seulement en termes économiques – reste d'autant plus forte qu'elle se fonde sur l'histoire et une proximité certaine. Le nouveau chef d'Etat français aura bien sûr à œuvrer pour conforter cette posture, celle d'une relation maroco-française qui, privilégiée pour les uns et normale pour les autres, constitue simplement une continuité.
Dans l'histoire d'abord qui a été un vecteur incontournable où les deux pays, les deux peuples se sont trouvés impliqués, parfois malgré eux, et qu'ils ont su dompter ensuite avec un sens aigu de maîtrise et de vision positiviste. Les relations entre le Maroc et la France n'ont jamais cédé à cette fatuité indécente.
Bien au contraire, elles obéissent à une exigence, celle de la complémentarité dans un monde où le Maghreb, et au-delà la Méditerranée, constituent un vaste rayon de créativité pour tous les peuples.Peut-être faudrait-il souligner qu'aujourd'hui cette relation entre nos deux peuples prend une dimension de singularité parce que leurs dirigeants, au Maroc et en France, ont cette particularité d'être jeunes, de conduire le destin de l'un et de l'autre avec une vision moderniste et qu'ils tournent le dos aux archaïsmes. Aussi bien au Maroc qu'en France, ce sont des chefs d'Etat de « rupture » et de rénovation.
Le Maroc suit avec intérêt l'évolution d'une France qui, chaque jour, se transforme. Les citoyens franco-marocains ou français d'origine marocaine y mènent une vie active, participent avec responsabilité et civisme à l'évolution politique, économique, sociétale et culturelle du pays d'accueil. Dans l'autre sens, une importante communauté française est de plus en plus implantée au Maroc et y participe, à ce titre, à l'essor de notre pays.
Ce croisement est à coup sûr la preuve – supplémentaire dirions-nous – d'une véritable « destinée à deux », la traduction d'une logique irréversible où le brassage humain constitue l'élément de l'interpénétration. Le nouveau chef d'Etat français ne peut pas ne pas en mesurer la portée. Alors, bonne continuité et grand succès dans sa nouvelle mission.
LE MATIN



