Le débat du Conseil de sécurité sur le projet marocain d'autonomie au Sahara est en cours. Avant d'être lancé, en effet, le représentant du secrétaire général des Nations unies, M. Peter Van Walsum, a tenu à le marquer du sceau d'une realpolitik qui ne laisse aucun doute sur la manière avec laquelle l'Onu entrevoit la solution.
Dans une conférence de presse, le 21 avril dernier, il a souligné la nécessité pour les parties en conflit d'entamer des « négociations directes ». Il a rappelé ensuite que, vu les expériences connues de par le monde, « l'autodétermination ne signifiait pas nécessairement indépendance » ! Bien évidemment, de telles affirmations ne passent pas dans l'oreille d'un sourd et, aussi bien du côté marocain qu'algérien, les propos de M. Van Walsum donnent manifestement matière à débat.
Les négociations directes d'abord : le Maroc ne s'y est jamais opposé, d'autant plus qu'il estime que l'Algérie constitue, à plus d'un titre, ce que les diplomates, dans leurs finauderies langagières, appellent «l'autre partie». Or celle-ci, plutôt que de venir à visage découvert, affichant ses ambitions ouvertement et se découvrant enfin aux regards de la communauté internationale, préfère se dissimuler derrière le paravent du polisario qui n'a aucun statut, ni celui d'un Etat, ni celui d'un peuple aux critères reconnus mais simplement celui d'un mouvement à sa dévotion.
Il y a là à la fois vice de fond et de forme, un manquement cavalier à la déontologie juridique de l'Onu. Si négociations directes il devrait y avoir, c'est bel et bien entre le Maroc et l'Algérie, deux Etats des Nations unies.
Encore que le Royaume du Maroc cherche désespérément l'interlocuteur idoine et quand bien même le polisario, créature fantoche, lui serait opposable, notre pays ne cesse de passer les signaux à qui veut l'entendre, derrière ce rideau de fumée, pour dire avec obstination sa volonté de promouvoir cette « solution politique mutuellement acceptable » au conflit du Sahara.
Elle est la seule, nous n'allons pas gloser de nouveau là dessus et les dirigeants algériens comme les Marocains savent aujourd'hui qu'elle incarne le processus dynamique préservant à chacun la dignité et le statut respectable souhaités.
Le projet marocain s'inscrit dans la durée et la démocratie. Il suscite l'adhésion, y compris chez les sceptiques et les récalcitrants, pour ne pas dire les adversaires du Maroc. Quant au fumeux plan du polisario, qui reprend ni plus ni moins les termes de celui de James Baker, enterré de sa belle mort par l'Onu, il n'y a qu'à voir la réaction du même Peter Van Walsum : «J'ignorais l'existence de ce plan» !...
LE MATIN



