trois jours du sommet du G8, la Russie, la France et l'Allemagne ont mis en avant dimanche 3 juillet leur "coopération constructive" sur les problèmes internationaux du moment, notamment l'Iran, et ont assuré que la crise européenne n'affectait pas les relations entre Moscou etl'UE.
A l'heure où les "sherpas" des huit pays les plus industrialisés achèvent de délicates négociations sur les deux dossiers-phares du sommet de Gleneagles des 7 et 8 juillet -l'aide au développement et le réchauffement climatique -,Jacques Chirac a dit "avoir bon espoir" qu'un accord soit conclu sur le second volet, avec l'appui des Etats-Unis.
Vladimir Poutine, Jacques Chirac et Gerhard Schrder se sont retrouvés pour un sommet informel dans la station balnéaire de Svetlogorsk, à 70 km de Kaliningrad, une formule inaugurée en avril 2003 à Saint-Pétersbourg au coeur de la crise irakienne. "Les rapports entre la France, la Russie et l'Allemagne sont un exemple de coopération constructive", a assuré le président russe lors d'une conférence de presse commune avec les dirigeants français et allemand. "Il est indispensable que l'Union européenne et la Russie aient des relations très fortes de fraternité et de solidarité", a souligné pour sa part Jacques Chirac, l'un des plus fervents défenseurs du "partenariat stratégique" UE-Russie au sein des Vingt-Cinq.
La crise née des "non" au traité constitutionnel européen en France et aux Pays-Bas et de l'échec des négociations budgétaires "ne peut avoir de conséquences" sur cette relation, a souligné le président français, relayé par le chancelier allemand. "Pour une raison simple : ces relations sont à la fois naturelles et nécessaires", a dit Jacques Chirac.
UNANIMITÉ
Pour souligner cette unanimité, le président français et le chancelier allemand ont défendu le chef du Kremlin dans la polémique qui l'oppose à la Pologne et la Lituanie sur les célébrations du 750e anniversaire de l'ex-Knigsberg, capitale de la Prusse orientale jusqu'en 1945.
Les dirigeants des deux pays limitrophes de l'enclave de Kaliningrad ont protesté auprès du Kremlin pour ne pas avoir été conviés aux festivités. "Je ne vois pas ce que quiconque peut avoir à commenter sur ce point", a déclaré Jacques Chirac, tandis que Gerhard Schrder estimait qu'il ne lui "appartenait pas de commenter" cette brouille.
Au-delà de cette fausse note circonstancielle, les trois ex-dirigeants du "front du refus", qui ont déclaré ne pas"regretter" leur opposition à la guerre en Irak, ont affiché leur "convergence" sur la réforme de l'Onu ou le développement d'un programme nucléaire iranien à vocation strictement civile.
S'agissant du projet de refonte du Conseil de sécurité de l'Onu, Vladimir Poutine a dit "appuyer" la candidature de l'Allemagne à un siège de membre permanent au sein de l'instance. Jacques Chirac a réaffirmé quant à lui que la candidature allemande allait "de soi".
Sur l'Iran, qui laisse la communauté internationale dans l'expectative concernant ses projets nucléaires, le président français a plaidé au nom de la troïka européenne (France, Allemagne, Grande-Bretagne) - et en y associant la Russie – pour "une solution écartant sans ambiguté la prolifération".
Les trois pays, par la voix de Jacques Chirac, ont souligné leur volonté de parvenir au G8 à un accord sur "une augmentation très sensible des moyens d'aide au développement, qu'il s'agisse d'aide publique ou qu'il s'agisse des financements innovants".
CHIRAC AU SECOURS DU PROTOCOLE DE KYOTO
Au chapitre du changement climatique, qui s'annonce comme le principal sujet de friction à Gleneagles, le président français a fait montre d'optimisme, contre toute attente, en affirmant que les Huit "s'orientaient" vers un accord après des "discussions difficiles".
L'hebdomadaire The Observer a fait lui aussi état d'un projet de texte dans lequel les Etats-unis admettraient la réalité du problème posé par les changements de climat, et le principe d'actions à mener. Mais la France exige davantage, et selon The Sunday Times, le texte pourrait être refusé par Jacques Chirac qui exige le respect de l'accord de Kyoto.
Le chef de l'Etat français a rappelé dimanche qu'une déclaration du G8 sur ce sujet devra, pour être adoptée par la France, comporter "la reconnaissance du problème et de sa nature scientifique", ainsi que la volonté d'apporter une solution à ces problèmes. Elle devra également comprendre "la mention explicite du traité de Kyoto, ratifié par sept des huit participants", a-t-il ajouté dans une allusion aux Etats-Unis qui n'ont pas ratifié ce texte.
source:lemonde



