Des témoignages concordants se multiplient pour annoncer une dérive du polisario, dont le moins que l'on puisse affirmer est qu'elle
est grave. Il s'agit du vraisemblable "basculement vers l'islamisme radical et le terrorisme", annoncé par un expert et politologue reconnu , Aymeric Chauprade et relayé par Laurence Ammour dans un article publié par la prestigieuse revue de l'OTAN, Research Papers". Le propos ne relève ni de la propagande ni d'une volonté quelconque de déformer la réalité à laquelle se trouve confronté le mouvement mercenaire.
Il est dit simplement que "le polisario pourrait basculer
à terme vers l'islamisme radical et le terrorisme, une mutation accélérée par la transformation en cours de l'arc intégriste en base arrière du réseau d'Al Qaïda". Voilà qui confirme ce que nous n'avons cessé d'écrire sur ces colonnes depuis quelques mois maintenant.
A savoir, le recasement, la prise en service
de "vétérans" revenus de l'Afghanistan, après y avoir fui l'intervention massive des Etats-Unis.
L'entraînement et l'exercice aux armes qu'ils y ont reçus fait d'eux la colonne et le bras armé désignés de la mouvance Al-Qaïda. La région du Sahara-
par son étendue et son étanchéité désertique-se prête manifestement aux activités para- militaires.
Base de repli, la région sahélo-saharienne est aujourd'hui truffée d'autant de groupes en quête de planques que d'armes et de "miliciens islamistes" qui forment le giron inespéré d'un polisario en désarroi et en proie à un délabrement certain.
La pire hypothèse, en effet, serait que les jeunes sahraouis issus des rangs du polisario pendant ces vingt dernières années, desperados captifs à l'idéologie radicale, accusateurs sans concessions d'un Mohamed Abdelaziz ou autres, ne fussent tentés et attirés par la mouvance d'Al-Qaïda.
La rencontre entre eux et les salafistes
du GSPC Maghreb islamique, comporterait si d'aventure elle venait à se concrétiser une véritable menace pour la région.
A terme, et la radicalité de la violence qui y sévit nous en dit long, c'est l'Algérie en premier qui en fera d'abord les frais, elle qui n'a cessé de "nourrir le monstre", de semer les grains de la violence-disons du terrorisme -à travers un polisario moribond et dont il lui sera difficile de se débarrasser.
En second lieu, c'est la région tout entière qui sera exposée aux incursions, aux noyautages, à l'émergence de groupuscules commandités à distance, à partir de cette "zone grise", à cheval entre le Maghreb et les régions soudano-somaliennes, transformées de nos jours en un véritable œil de cyclone. Beaucoup de jeunes dans les rangs du polisario y prêtent d'ores et déjà le flanc et n'attendent que d'y être conviés…
LE MATIN



