"Mon pays refuse d'être entre l'enclume sécuritaire et le marteau humanitaire", a déclaré, lundi à Bruxelles, l'ambassadeur du Maroc auprès des institutions européennes, M. Menouar Alem.
Lors d'une intervention devant la sous-commission des droits de l'Homme du Parlement européen sur les mesures d'éloignement prises par les autorités marocaines le 23 décembre dernier, à l'encontre de ressortissants subsahariens en situation illégale, M. Menouar Alem a réfuté les allégations colportées par certaines voix, en soulignant que "le Maroc n'est pas le gendarme de l'Europe et nous sommes très vigilants sur ce point".
Le Maroc est le seul pays de la chaîne migratoire qu'on interpelle pour gérer un flux qui traverse nombreux pays, qui ne sont nullement inquiétés, a-t-il rappelé, en affirmant que ces ressortissants subsahariens qui arrivent dans le Royaume "ont bel et bien une destination qu'est l'Eldorado européen".
Abordant les mesures d'éloignement prises par les autorités marocaines en décembre dernier, il a indiqué qu'elles ont concerné 238 migrants qui ont eu le choix entre le rapatriement volontaire ou le retour à la dernière frontière qu'ils ont franchie avant leur entrée au Maroc.
Ces derniers, a-t-il ajouté, ont tous préféré de leur plein gré de regagner l'Algérie, pays de transit, où ils pourront facilement tenter leur chance pour revenir au Maroc, à partir de la plate-forme internationale de trafic des migrants africains vers l'Europe, installée à Maghnia, une localité algérienne située à quelques kilomètres des frontières algéro-marocaines.
"Que chacun assume ses responsabilités, mon pays assume les siennes avec le peu de moyens dont il dispose", a-t-il martelé, en affirmant que le Maroc ne peut à lui seul résoudre un problème complexe au centre duquel se trouvent des êtres humains désespérés, capables d'utiliser tous les moyens pour parvenir en Europe.
Concernant les demandeurs d'asile, M. Alem a indiqué que les autorités marocaines ont fait état de la découverte de cas de falsification de documents délivrés, en dépit du bon sens, par une première équipe du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et que le HCR avait fait son mea-culpa et changé d'équipe. Le diplomate marocain a dénoncé à cet égard la main mise des réseaux de traite humaine sur les migrants et les faussaires de tout acabit qui en exploitent le désarroi.
Réagissant, par ailleurs, à un rapport établi par un universitaire français sur les mesures d'éloignement, affirmant notamment qu'elles ont "concerné des africains noirs majoritairement chrétiens", le diplomate marocain a fustigé l'auteur pour le choix de son vocabulaire, en estimant que le Maroc a été traité de "raciste". Il a rappelé, à ce propos, que lors de la deuxième guerre mondiale, le Maroc, par la voix de son Roi, feu SM Mohammed V, ouvrait ses bras aux juifs et leur offrait l'asile quand dans toute l'Europe ils étaient embarqués dans des convois de la mort, avant de conclure que la symbiose et la sérénité ont toujours marqué les relations inter-confessionnnelles dans le Royaume.
MAP



