Visiblement sous le choc, Saddam Hussein, reconnu coupable de crimes contre l'humanité par le Haut tribunal irakien, a été condamné hier à la peine de mort par pendaison. Aouad Ahmed al-Bandar, juge de l'ancien tribunal révolutionnaire, et Barzan Ibrahim al-Tiktiti, demi-frère du président déchu qui dirigeait les services secrets, ont également été condamnés à la peine capitale, tandis que l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan s'est vu infliger la prison à perpétuité.
Peu après la lecture du verdict à midi, des heurts ont éclaté entre des éléments armés et des militaires irakiens et américains dans deux quartiers sunnites de la capitale.
Les membres de la majorité chiite, opprimés sous le règne de l'ancien dictateur, ont en revanche laissé éclater leur joie en envahissant les rues, dansant et chantant. Des tirs de mortiers ont frappé deux quartiers de Bagdad, l'un sunnite, l'autre chiite, faisant au total cinq morts selon la police.
Refusant d'abord de se lever pour entendre la sentence, l'ancien président âgé de 69 ans a fini par se redresser avec hésitation dans le box des accusés. Il est presque parvenu à couvrir la voix du président du tribunal lorsqu'il s'est écrié «Allahou Akbar!» (Dieu est Le plus Grand!) et «Vive la Nation !».
«La Cour a décidé de condamner Saddam Hussein al-Madjid à être pendu jusqu'à ce que mort s'en suive pour crimes contre l'humanité», a déclaré le juge Raouf Abdoul Rahman, ignorant le souhait de l'ex-président, qui avait souhaité faire face à un peloton d'exécution plutôt qu'à la corde.
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