Les quelque 300 spectateurs présents au Chhoud ont été épatés par la qualité d'un team kacémi constitué de jeunes talents, tactiquement disciplinés et dotés d'un sang froid olympien. L'empreinte du magicien Aziz Amri était là, très apparente. Les Cherradis sont venus avec la ferme intention de revenir à Sidi Ka avec trois points dans leur escarcelle.
La tactique adoptée témoigne de ces desseins, car offensive à volonté, facilitée par la qualité technique des joueurs.
Les Rbatis ont été mis en difficulté d'emblée, ce qui les a contraint à se replier et attendre passer l'orage. En vain, car celui-ci va durer plus qu'escompté. Avec un peu de lucidité, Touiza aurait ouvert la marque (20e). Une autre opportunité est dilapidée par les attaquants (22e).
Alors que les visiteurs frappaient avec insistance à la porte, le public vivra une scène intenable qui vient nous rappeler le chemin qui reste à courir avant de rêver d'une mise à niveau de notre football. En effet, Emmanuel, le médian brésilien stadiste, est tombé raide mort sur le gazon. Un corps inanimé qu'on essayait de réanimer à coup de… jet d'eau sur la figure! Il a fallu presque 5 minutes avant que le joueur ne retrouve partiellement ses esprits. Il est évacué en titubant, soutenu par deux hommes.
Il n'y avait ni médecin, ni secouristes, ni ambulance. La protection civile n'arrivera que 20 minutes plus tard. Le match redémarra, sans se départir de sa physionomie du départ. Le premier juge de ligne cassa un contre kacémi dangereux pour un hors jeu imaginaire (40e). Effet ramadan ? Peut-être. L'USK a imprégné à la partie un rythme que les Rbatis eurent du mal à suivre. Les Cherradis auraient terminé cette manche avec une avance d'un but sans la générosité de l'aile droite à l'égard du portier stadiste.
Mais ce ne fut que partie remise, puisque les visiteurs allaient ouvrir la marque après 10 minutes de jeu en seconde période. Un missile de Touiza qui eut raison du gardien rbati, mal placé. Le coach Alaoui Slimani a eu beau s'égosiller, mais cela tombait dans l'oreille d'un sourd. Ses poulains finiront quand même par prendre du poil de la bête et se porter résolument en attaque. Les Kacémis furent ébranlés, l'odeur de l'égalisation se dégageait fortement.
La blessure du latéral gauche, Jdia, a ouvert une brèche dans la défense que les Rbatis ont essayé d'exploiter. Sans résultat. Le coup de sifflet retentit soudainement, annonçant le maintien du SM à l'avant-dernière place au classement général.
Brahim Oubel
LE MATIN



