Dans notre paysage audiovisuel, les années passent et se ressemblent. Toujours la même médiocrité sévit sur nos écrans pendant ce mois de Ramadan. A chaque saison, on nous annonce avec grand tapage un programme alléchant qui va animer nos soirées et séduire adolescents, jeunes et moins jeunes.
Des avant-premières sont même organisées dans les grands hôtels en l'honneur de la presse comme s'il s'agissait de présenter un chef-d'œuvre. On ne lésine pas sur la promotion de ces sitcoms, séries ou autres téléfilms à tel point que nous, pauvres téléspectateurs, finissons par y croire en se disant qu'après tout un miracle est toujours possible.
Hélas, encore une fois c'est la grande déception. Quel curieux spectacle est concocté cette année par les responsables des deux chaînes nationales ! On y trouve, comme d'habitude, de multiples sujets d'insatisfaction. Grossièreté, médiocrité, incompétence agressent le public, qui, unanimement désespéré, préfère zapper ce cauchemar.
«Labas Oualou Bass» ne fait que prouver que Abdelwahab Doukkali devrait se contenter de chanter -ce qu'il fait bien- et laisser de côté la comédie où il a déjà montré par le passé ses limites. Hanane Fadili, qui a pourtant suscité un certain espoir à ses débuts, succombe à la facilité et à l'approximatif dans «Caméra lakom». «Khali Amara» et «Moul Taxi» se passent de tout commentaire.
Nos responsables ne veulent pas comprendre que ce genre télévisuel, appelé sitcoms, n'a réussi dans aucun pays hormis les Etats-Unis qui en sont d'ailleurs les créateurs. S'appuyant essentiellement sur l'humour, le jeu de mots, le rire, les sitcoms exigent un certain talent et une finesse qui, malheureusement, se trouvent absents dans nos créations.
Quant aux téléfilms, force est de constater qu'ils ne sont pas au niveau.
Devant ce fléchissement de nos spectacles, nous avons l'impression que les responsables des chaînes cryptées étrangères, dans leur sagesse magnanime, ont eu un peu pitié de ce pauvre public marocain, et ont décrypté lesdites chaînes en ce mois sacré de Ramadan…
Fatima-Ezzahra Saâdane
LE MATIN



