La section locale de la Ligue démocratique pour les droits de la femme (LDDF) et l'Association marocaine de solidarité et de développement (AMSED) ont uni leurs efforts pour donner naissance à un projet de lutte contre les Infections sexuellement transmissibles (IST) et le sida à Ouarzazate.
Cette ville, se trouvant dans une zone des plus touchées au Maroc (Souss-Massa-Drâa), fera l'objet d'une action de sensibilisation auprès de la population à risque. Le projet, lancé en septembre, connaîtra, dans un premier temps, une période de 6 mois qu'on pourrait qualifier d'expérimentale, durant laquelle une série d'ateliers de sensibilisation, de lutte contre l'analphabétisme et des enquêtes sur le terrain, seront organisés.
Trois catégories sont ainsi ciblées par ce programme.
Les prostituées vont bénéficier de cours de sensibilisation : «Nous allons organiser des activités avec ces femmes via l'approche “ éducation par les pairs ” qui consiste à sélectionner 5 “ leaders” auprès desquelles nous allons mener une action d'éducation sur les moyens de se protéger contre les IST et le sida. Par la suite, elles vont prendre la relève et transmettre ces recommandations à leurs pairs dans le langage qu'elles comprendront», explique Saïda Belhdid, secrétaire régionale de la LDDF, et responsable du projet.
Autre cible du programme, les jeunes lycéens : des cours d'éducation sexuelle leur seront dédiés pour les initier aux meilleurs moyens de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles tout en les informant sur la conduite à adopter pour bien se protéger. Maîtres mots de cette approche : Information, éducation et communication (IEC).
Le troisième groupe vulnérable visé par cette action : les chauffeurs de camion. Ces derniers souvent en contact avec la première catégorie, deviennent, de par leur mobilité, une population à risque.
«Nous allons tenter une nouvelle expérience avec les camionneurs. Le but étant de les approcher en vue de les intégrer dans notre action. Pour ce faire, nous allons adopter la technique du Diagnostic participatif communautaire (DCP) qui consiste à essayer de tirer un maximum d'informations concernant la première catégorie pour une meilleure connaissance de leurs comportements et habitudes», précise Mme Belhdid.
Les initiateurs de ce projet comptent essentiellement sur la collaboration des délégations locales de l'Education nationale et de la Santé. Quant aux autorités, elles bénissent d'ores et déjà leur action.
Kenza Alaoui
LE MATIN



