Accueil Actualités Maroc Forum Contact
:: Actualités
:: Menu principal
:: Actu thématique
:: Top du maroc
:: Archives
mars 2010
février 2010
janvier 2010
décembre 2009
Novembre 2009
Octobre 2009
Septembre 2009
Août 2009
Juillet 2009
Juin 2009
Mai 2009
Avril 2009
Mars 2009
Février 2009
Janvier 2009
Décembre 2008
Novembre 2008
Octobre 2008
Septembre 2008
Août 2008
Juillet 2008
Juin 2008
Mai 2008
Avril 2008
Mars 2008
Février 2008
Janvier 2008
Décembre 2007
Novembre 2007
Octobre 2007
Septembre 2007
Août 2007
Juillet 2007
Juin 2007
Mai 2007
Avril 2007
Mars 2007
Février 2007
Janvier 2007
Décembre 2006
Novembre 2006
Octobre 2006
Septembre 2006
Août 2006
Juillet 2006
Juin 2006
Mai 2006
Avril 2006
Mars 2006
Février 2006
Janvier 2006
Décembre 2005
Novembre 2005
Octobre 2005
Septembre 2005
Août 2005
Juillet 2005
Juin 2005
Mars 2005
:: Recherche

Recherche avancée
:: Qui est en ligne
23 utilisateur(s) en ligne (dont 14 sur Actualités)

Membre(s): 0
Invité(s): 23

plus...

Maroc : Où est passée la volatilité des marchés ?
Posté par infosdumaroc le 6/10/2006 14:00:54 (1186 lectures)

La télévision et les journaux continuent de faire grand cas des rebondissements sur les marchés financiers internationaux. Pourtant, ce qui est frappant, c'est le calme inquiétant dans lequel ont sombré quasiment tous les principaux types d'actifs, des actions aux obligations. Le monde des investisseurs serait-il sous Prozac ?

Les théories du complot ne manquent pas, surtout parmi les spéculateurs, pour qui la volatilité est comme le vent pour les marins. Tant que les marchés s'agitent, dans un sens ou dans un autre, ils sont convaincus de pouvoir gagner de l'argent. Et puisque nous autres n'avons ni le temps, ni les informations, ni les compétences nécessaires pour leur tenir tête, c'est généralement ce qui se passe. Mais, sur un marché assoupi, la récolte est forcément maigre.

Leurs bêtes noires aujourd'hui sont les gigantesques investisseurs publics, en particulier les banques centrales asiatiques, avec actifs, qui se comptent en milliards de milliards de dollars. Ces fonds exceptionnels, dont les gestionnaires ne partagent pas nécessairement la passion du gain des investisseurs privés, seraient responsables du manque de versatilité des taux d'intérêt et des taux de change. «Les grandes banques centrales asiatiques nous oppriment !», me confiait récemment un jeune trader.

La situation était bien différente il y a dix ans. Dans les années 1990, les investisseurs privés considéraient les grandes banques centrales, institutions pesantes, comme des vaches à lait, à la fois très riches et peu douées en affaires. George Soros parvint ainsi à soutirer un milliard de dollars à la Banque d'Angleterre en moins d'une heure, grâce à une stratégie classique : miser contre une banque centrale qui essaye de défendre une politique macroéconomique incohérente.

Bien sûr, les spéculateurs ne gagnaient pas toutes les batailles. Ils y laissaient même parfois des plumes : ainsi lors des attaques lancées en 1998 contre l'ancrage du dollar de Hong Kong au dollar américain. Mais, dans l'ensemble, parier contre de grandes institutions financières gouvernementales était une activité très lucrative. Aujourd'hui, en revanche, de nombreux spéculateurs perçoivent ces géants publics, autrefois ineptes, comme des génies de la finance qui, capables de venir à bout de formules complexes, savent tirer parti de leur taille et des informations, dont ils disposent, pour saigner le marché.

Le conservatisme inné de ces mastodontes, responsable de l'apathie des marchés obligataires et des marchés des changes, commence à peser sur le cours des actions. Les banques centrales asiatiques sont rarement accusées d'une conspiration visant à calmer les marchés internationaux, mais l'attitude prudente qu'elles ont en commun s'apparenterait à une collusion implicite.

Malgré toute notre sympathie pour ces jeunes milliardaires en herbe, que penser de leur histoire d'oppression ? Est-il vrai que de grands investisseurs publics en Asie (voire en Russie, en Amérique latine ou au Moyen-Orient) ont discrètement pris le contrôle des marchés internationaux? C'est possible, mais c'est un peu exagéré.

Certes, les grandes banques centrales asiatiques sont assises sur un trésor de presque trois trillions de dollars, dont un trillion pour la Chine. Ce capital est égal à celui accumulé par l'ensemble des principaux fonds spéculatifs de la planète.

Mais ces chiffres sont trompeurs. Les fonds spéculatifs ne représentent qu'un faible pourcentage des marchés financiers qui, d'après une étude récente du McKinnsey Global Institute, dépassent aujourd'hui les 120 trillions de dollars. Et, contrairement aux banques, ces fonds peuvent couvrir leurs paris en empruntant pour acquérir des actifs plusieurs fois supérieurs à leur capital de base. Sans quoi, George Soros et d'autres riches investisseurs n'auraient pas pu s'attaquer à la Banque d'Angleterre.

En réalité, le calme qui règne actuellement sur les marchés a probablement une autre explication. Et s'il ne s'agit pas d'un complot des banques centrales asiatiques, qu'en est-il ?

La faible volatilité qui caractérise la conjoncture actuelle est sans doute en partie cyclique. La bourse a connu une phase semblable au début des années 1990, avant qu'un peu plus tard, elle ne se mette à battre des records.

D'autre part, les innovations financières et la mondialisation permettent aux marchés de répartir les risques plus efficacement en les confiant aux intervenants les plus aptes à les gérer. Autre facteur essentiel, l'amélioration des politiques des banques centrales. Au début des années 1990, le taux moyen d'inflation dans le monde dépassait les 30 %; il est aujourd'hui en dessous de 4 %.

Tous ces changements ont contribué à une baisse générale de la production et à l'instabilité de la consommation, dans les pays riches comme dans les pays en développement. Ces changements expliquent aussi le prix élevé d'actifs à l'origine des fortunes qu'envient les jeunes spéculateurs.

Notre période de calme relatif va-t-elle durer ? Malheureusement, non. Des crises mettront sans doute à l'épreuve le nouveau monde idéal de la mondialisation financière, nous rappelant ainsi qu'une récession est toujours possible.

Pour ma part, si je ne pense pas que cette période d'expansion – déjà cinq années – touche à sa fin, il ne fait aucun doute que les risques augmentent. Avec, à la clé, une baisse rapide de la production aux Etats-Unis au troisième trimestre et des banquiers centraux qui se retrouvent les mains liées par la menace inflationniste. A plus long terme, on imagine sans peine que les marchés puissent être perturbés par une situation géopolitique instable, en rapport par exemple avec l'Iran, l'Irak ou la Corée du Nord.

Quel que soit le scénario qui mettra fin à l'accalmie, celle-ci ne sera bientôt qu'un rêve ancien pour la plupart d'entre nous. Et, pour les spéculateurs financiers dévorés par l'ambition, un cauchemar vite oublié.


(*) Kenneth Rogoff enseigne l'économie et les politiques publiques à l'université de Harvard ; il a été économiste en chef du FMI.
Copyright : Project Syndicate, 2006.
www.project-syndicate.org



Kenneth Rogoff
lematin.ma

Format imprimable Envoyer cet article à un(e) ami(e)

:: Télé En Direct
:: Publicités

:: Top Articles
:: Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 


Perdu le mot de passe ?

Inscrivez-vous maintenant !