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Monde : La rébellion multiplie les attentas suicides
Posté par hicham le 29/6/2005 15:09:57 (925 lectures)

Le doyen du Parlement, Dhari al-Fayyad, a été tué mardi avec son fils et trois gardes dans un attentat suicide visant son convoi en Irak, où la rébellion ne faiblit pas un an après le transfert du pouvoir par les Américains aux autorités intérimaires irakiennes.

Le président américain George W. Bush devait s'adresser à la nation à 20H00 locales (mercredi à 00H00 GMT) de la base militaire de Fort Bragg en Caroline du nord, pour tenter de convaincre son opinion publique de plus en plus sceptique de la nécessité de maintenir les quelque 130.000 soldats américains en Irak.

"Dhari al-Fayyad, 87 ans, a été tué avec son fils et trois gardes de sécurité quand une voiture piégée conduite par un kamikaze a explosé contre son convoi de deux voitures à Al-Rachidiyah", à 25 km au nord de Bagdad, selon le ministère de l'Intérieur. Rachidiyah est le fief de la puissante tribu chiite des Albou Amer, dont cheikh Fayyad était le chef.

C'est la deuxième fois qu'un membre de l'Assemblée nationale, issue des élections du 30 janvier, est assassiné. Le 27 avril, Lamiya Abed Khaddouri a été abattue par des hommes armés à Bagdad. D'autres députés ont échappé à des attentats, dont le kurde Freidoun Abdel Kader et le sunnite Michaane Joubouri. Dhari al-Fayyad avait été élu sur la liste chiite de l'Alliance unifiée irakienne arrivée en tête du scrutin. "Ceux qui ont tué cheikh Fayyad sont des criminels qui cherchent à détruire le pays et ceux qui tentent des médiations avec eux le font avec des ennemis de l'Irak", a lancé Houmam Hammoudi, chef de la Commission parlementaire chargée de la rédaction de la Constitution. "Cheikh Fayyad était un patriote", a-t-il dit.

Il faisait allusion aux propos du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui a reconnu dimanche des contacts entre responsables américains et insurgés. Un an jour pour jour après le transfert du pouvoir par la coalition dirigée par les Etats-Unis à un gouvernement intérimaire irakien, la violence meurtrière persiste malgré les opérations d'envergure irako-américaines pour mater la rébellion.

Une nouvelle opération Saif ("Epée") a d'ailleurs été lancée par les forces américano-irakiennes "pour éradiquer les terroristes et combattants étrangers" le long de l'Euphrate entre Haditha et Hit dans la province d'Al-Anbar (ouest), selon un communiqué militaire.

Au nord de Bagdad, le chef de la police de la circulation de Kirkouk, le général kurde Talar Abdallah, a échappé à un attentat à la voiture piégée visant son convoi. Un civil a été tué et trois gardes ont été blessés dans l'attaque.
Toujours au nord, à Samarra, sept soldats et policiers ont été tués dans des attaques à la bombe et à la roquette et dans une attaque contre un poste de police. Au sud de Bagdad, un policier a été tué et 17 personnes ont été blessées, lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser dans l'hôpital de Moussayyeb. A Bagdad même, un policier a été tué par des hommes armés qui ont pris la fuite, selon le ministère de l'Intérieur.

A l'ouest, un chef de tribu à Falloujah, cheikh Michaane Abbas, chef de la tribu des Joumeilat, a été assassiné lundi soir devant chez lui, selon un proche Ahmad Hussein Ahmad.

De son côté, l'armée américaine a indiqué qu'un soldat avait été tué et un autre blessé dans un attentat suicide à la voiture piégée à proximité d'une base de la Force multinationale dans la région de Balad à 70 km au nord de Bagdad.

Deux soldates américaines disparues le 23 juin après un attentat à Falloujah ont été retrouvées mortes, ce qui porte à six le nombre de GI's tués dans cette attaque. Selon un bilan établi à partir de chiffres du Pentagone, 1.730 GI's sont morts en Irak depuis l'invasion en mars 2003. Enfin, une délégation diplomatique et sécuritaire syrienne devait arriver mardi à Bagdad pour préparer la réouverture de l'ambassade de Syrie en Irak fermée depuis 25 ans.
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Jalal Talabani se démarque des contacts entre Américains et rebelles

Le président irakien Jalal Talabani a pris mercredi ses distances avec les contacts qu'entretiennent des représentants américains et des chefs de la guérilla en soulignant qu'il s'agissait d'une affaire ne concernant en rien le gouvernement irakien.

"Le gouvernement irakien n'a rien avoir avec les négociations (menées) avec les rebelles. Si les Américains négocient avec eux c'est leur affaire", a-t-il affirmé aux journalistes à l'issue d'un entretien avec l'ambassadeur britannique William Patey et le "numéro deux" de l'ambassade américaine David Satterfield.

"M. Rumsfeld est le secrétaire à la Défense des Etats-unis et non de l'Irak", a-t-il ajouté. Donald Rumsfeld avait reconnu dimanche que des contacts avaient eu lieu avec les insurgés en Irak à l'instigation des Etats-Unis tout en minimisant leur importance.

"Les Irakiens ont un gouvernement souverain. Ils décideront quelles relations ils auront avec certains éléments de l'insurrection. Nous les facilitons de temps à autre", avait dit M. Rumsfeld. Par ailleurs, M. Talabani a refusé de fixer une date de retrait de la Force multinationale. "Le calendrier de retrait de cette Force dépend de la capacité opérationnelle des forces de sécurité irakiennes. C'est ce degré opérationnel qui fixe le calendrier", a-t-il souligné.

A l'occcasion du premier anniversaire du transfert de pouvoir des forces d'occupation aux autorités irakiennes, le chef de l'Etat s'est déclaré "satisfait, en dépit des attaques et des assassinats, "du plan de sécurité actuel qui a permis de purger les villes irakiennes des insurgés et des terroristes".

source:lematin

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