Abdelouahed El Kourchi (à gauche), un Marocain en situation régulière, pose avec son fils de cinq mois, Amine, au côté de sa sœur Nehza, hier, sur les marches du commissariat d'Angers en France. La compagne d'Abdelouahed, Sabah Hamioui, une Marocaine de 26 ans sans papiers interpellée le 17 juillet dernier à Cholet en vue d'une reconduite à la frontière, a pu allaiter son bébé ce jour au commissariat. Un recours en annulation de la décision d'expulsion prise par le préfet du Maine-et-Loire, Jean-Claude Vacher, a été déposé hier matin devant le tribunal administratif de Nantes par son avocate.
Une Marocaine de 26 ans sans-papiers, mère d'un petit garçon de cinq mois, a été interpellée lundi à Cholet (Ouest de la France) et séparée de son bébé né en France en vue d'une reconduite à la frontière, a dénoncé mercredi un comité local de soutien aux sans-papiers.
Selon un membre de ce comité, Sabah Hamioui «a quitté brutalement Cholet dans un fourgon de police sans avoir pu voir son bébé». «La maman a dû interrompre son allaitement.
C'est un scandale, ce sont des méthodes inqualifiables. On ne peut pas admettre ces expulsions, alors qu'il y a des recommandations ministérielles qui permettraient de prendre en considération les cas humains», a-t-il dénoncé.
La préfecture du Maine-et-Loire a confirmé l'interpellation de Mme Hamioui, dont le mari, également marocain, dispose d'un titre de séjour en règle et travaille en CDI (contrat à durée illimitée) pour une société d'abattage de volailles.
«Un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, ainsi qu'une décision de rétention administrative ont été notifiées» à Mme Hamioui, détenue au commissariat d'Angers, a précisé la préfecture, soulignant que la maman disposait de 48 heures pour déposer un recours. Le comité de soutien souligne que la jeune femme était arrivée en France en 1999 en situation régulière, avec un visa Schengen renouvelé jusqu'en 2002.
Mais cette année-là, elle n'était plus mariée avec un Franco-Marocain, ce qui l'a placée en situation irrégulière. Elle vit depuis deux ans avec son nouveau mari.
Mme Hamioui s'est présentée le 13 juillet à la préfecture pour faire régulariser sa situation, mais l'arrêté de reconduite à la frontière avait été signé trois jours plus tôt, précise le comité.
MAP



