Les étrangers s'enfuient tandis qu'Israël menace de détruire le réseau électrique
Essuyant leurs larmes et serrant leurs proches qu'ils abandonnent, des centaines d'étrangers ont fui lundi le Liban soumis à des bombardements israéliens meurtriers et destructifs. Alors que les Américains et les Anglais étaient évacués par hélicoptères, la France a affrété un ferry d'une capacité de plus de 1.500 places pour rapatrier ses ressortissants. D'autres Européens, des Asiatiques et des Africains étaient acheminés par route vers la Syrie.
En six jours de raids aériens et de bombardements incessants contre les infrastructures, notamment l'aéroport et les ports libanais, Israël a imposé un blocus quasi total sur le pays du Cèdre.
Les frappes ont visé essentiellement les infrastructures et fait plus de 170 morts, en grande majorité des civils.
Dans un silence lourd, entrecoupé par les plaintes et les sanglots, les étrangers qui doivent rejoindre la capitale syrienne Damas - d'où ils regagneront leurs pays d'origine - s'engouffraient dans les bus à certains points de rencontre de Beyrouth.
Selon la télévision israélienne Channel 10, citant un officier de haut rang, l'opération israélienne au Liban pourrait prendre fin d'ici quelques jours.
Mais ce haut gradé a prévenu que l'armée israélienne menaçait de détruire le réseau de distribution d'électricité du Liban si le Hezbollah intensifiait ses tirs de roquettes sur Israël.
Pour des raisons de sécurité, les ambassades européennes ont organisé des convois communs pour leurs ressortissants, en majorité d'origine libanaise, qui passaient les vacances d'été au Liban. «Je sens que nous agissons comme des lâches. Nous abandonnons nos chers amis libanais.
Je n'ai jamais été dans une zone de guerre auparavant et ma famille veut que je rentre chez moi», affirme Sigrid Hoste, une Belge professeur de français à Bruges qui étudiait l'arabe au Liban.
«Je suis vraiment en colère contre ce que fait Israël. C'est une attaque disproportionnée et rien ne justifie la guerre. Beyrouth était une place vivante la semaine dernière, c'est désormais une ville fantôme», dit-elle.
lematin.ma



