Un lycéen marocain de 19 ans, installé en France depuis l'âge de 14 ans, a été renvoyé vendredi au Maroc malgré la mobilisation du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui lutte pour la régularisation des sans-papiers, a-t-on appris auprès des autorités locales. Abdallah Boujraf est le premier scolarisé expulsé depuis le 13 juin, date de parution d'une circulaire du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy prévoyant la régularisation «au cas par cas» de clandestins dont les enfants sont scolarisés.
Une mobilisation sans précédent contre les expulsions avait amené M. Sarkozy à accepter à la mi-juin de reconsidérer certains dossiers. Le lycéen marocain avait rejoint en France son père qui y travaillait depuis 26 ans avec une carte de résident.
Mais il n'entrait pas dans les catégories établies par la circulaire : l'arrivée en France avant l'âge de 13 ans ou l'absence de lien avec le pays dont il a la nationalité.
En revanche, un tribunal de Bordeaux a annulé vendredi un arrêté de reconduite à la frontière d'un sans-papiers albanais, Erion Gjoni, 20 ans.
Entré en France en 2003, après avoir fui son beau-père qui le violentait, le jeune Albanais, scolarisé dans un lycée professionnel, n'a plus de contact avec sa famille. Il jouit d'une mesure "de protection d'un jeune majeur" du juge des enfants.
Les familles sans-papiers d'enfants scolarisés ont obtenu un sursis à leur expulsion, dans un premier temps jusqu'à la fin de l'année scolaire puis prolongé jusqu'à la mi-août.
De nombreuses personnalités et élus ont symboliquement parrainé des enfants "expulsables", tels Abdallah Boujraf et Erion Gjoni. Des milliers de personnes avaient manifesté samedi dernier à Paris contre les expulsions.
Selon le Réseau éducation sans frontières (RESF), entre 50.000 et 100.000 familles sans papiers auraient des enfants scolarisés en France.
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