Après une rencontre avec le premier ministre irakien, Ibrahim Al-Jaafari, le président américain, George W. Bush, a reconnu, vendredi 24 juin, que les temps à venir s'annonçaient difficiles pour les troupes américaines et exhorté ses compatriotes à ne pas faiblir devant les attaques lancées par les insurgés.
"La route ne sera pas facile", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre irakien. "L'objectif de l'ennemi est de nous chasser d'Irak avant que les Irakiens aient mis en place un gouvernement sûr et démocratique. Il ne réussira pas." Des "tâches monumentales" attendent les dirigeants du pays dans les prochains mois, a-t-il rappelé, en particulier la mise en forme d'une Constitution définitive et l'organisation de nouvelles élections. "Cependant, à chaque étape, les Irakiens ont jusqu'ici atteint leurs objectifs stratégiques et les terroristes n'ont pas réussi à les en empêcher", a-t-il estimé.
"Il ne va pas y avoir de calendrier [de retrait], a également affirmé M. Bush. Ça n'a pas de sens d'avoir un calendrier." "Pourquoi dirait-on à l'ennemi : voilà le calendrier, allez-y et attendez notre départ ?", a-t-il lancé.
De son côté, M. Jaafari a remercié les Américains pour leur engagement et assuré que "le processus politique, qui inclut les Arabes sunnites, sapera les terroristes".
DISCOURS DE GEORGE BUSH MARDI
Des représentants de la Maison blanche ont laissé entendre que la politique irakienne ne subirait pas de changement majeur et que des troupes américaines resteraient dans le pays jusqu'à ce que les Irakiens soient assez entraînés pour assurer seuls leur défense. George Bush doit s'adresser aux Américains, mardi soir, pour tenter de contenir leur impatience, devant l'aggravation du bilan des victimes et les images quotidiennes de chaos en Irak, qui amènent certains parlementaires à réclamer un plan de retrait des forces américaines.
"Le moment est critique en Irak", a déclaré, vendredi, le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, en annonçant que M. Bush interviendrait depuis la base militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord. "C'est un vrai moment de mise à l'épreuve", a-t-il ajouté, en soulignant que le président américain serait "très précis sur la marche à suivre en Irak".
Dans une interview au Washington Post, Al-Jaafari dit souhaiter un retrait militaire américain aussi rapide que possible "parce que la présence sur notre sol de troupes étrangères, quelles qu'elles soient, signifie qu'il y a une faiblesse et que nous ne pouvons pas contrôler à nous seuls la situation sur le plan de la sécurité". Il prône une accélération de l'entraînement des soldats irakiens, sans exclure un rôle pour des pays qui font pas partie de la coalition à dominante américaine.
Selon un sondage New York Times/CBS publié il y a une semaine, 51 % des Américains estimeraient que les Etats-Unis auraient dû s'abstenir de toute intervention militaire en Irak.
source:lemonde



