invité du journal télévisé de 20 heures sur France 2, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, est revenu sur le terme de "nettoyage" qu'il avait employé concernant la Cité des 4 000 de La Courneuve. Selon lui, la formule n'a "choqué que ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans cette cité, pas les habitants de cette cité" . Ils "ne comprennent pas que l'Etat tolère [dans ce quartier] ce qu'il ne tolère pas ailleurs". Le ministre de l'intérieur a ainsi renouvelé ses propos : "Je le confirme, mon devoir, c'est de nettoyer la cité des 4 000 des trafics et des trafiquants."
Cette affaire illustre "le décalage phénoménal entre les responsables politiques bien au calme et bien au chaud" qui "sont choqués par une expression" et ceux qui sont "choqués par la mort d'un enfant", a martelé M. Sarkozy. Pour lui, "ce n'est qu'un début". Il a d'ailleurs pris l'engagement de retourner "la semaine prochaine" à La Courneuve "pour dialoguer avec les habitants du quartier".
Sur un ton très musclé, il a affirmé qu'il voulait d'abord "rétablir l'ordre et ensuite, seulement, dialoguer ; pas l'inverse." Pour lui, "la meilleure des préventions, c'est que les voyous qui trafiquent risquent quelque chose", qu'il aient "peur de la répression". Il a, au passage, dénoncé les "professionels de la pensée unique" qui restent "les bras croisés" et a réfuté toute "lepénisation" : "Chaque fois qu'on dit quelque chose de bon sens, on se rapproche de Jean-Marie Le Pen ?" . Selon lui, c'est "une des lecons du 29 mai : le décalage entre la classe politique et les Français".
REFONDRE LA LOI
M. Sarkozy a également réitéré ses propos concernant l'un des juges qui a relâché l'assassin présumé de Nelly Crémel. Le ministre de l'intérieur avait affirmé que le magistrat en cause devra "payer" pour"sa faute" . Il a fait référence à l'enterrement de Nelly Crémel : "Comment vous dites à ce père et à cette petite fille que l'Etat a laissé un criminel condamné à la perpétuité être libéré ? On me dit qu"il n'y a pas de problème, parce que la loi est appliquée ?" Faisant référence aux affaires d'Outreau et Alègre, il a declaré que "quand [on] se trompe, [on] doit payer les conséquences".
Le ministre de l'intérieur a demandé une refonte de la législation en matière de liberté conditionnelle, en proposant notamment la présence de "représentants des victimes" auprès des juges, pour "qu'il n'y ait pas que les magistrats qui décident". Il a également demandé des"mesures contres les multirécidivistes", notamment "la suppression du sursis et des aménagements de peine". Enfin, il a affirmé vouloir poser le "problème de la responsabilité des magistrats", malgré ce qu'il a qualifié de "déclarations corporatistes".
Dénonçant "tous ceux qui parlent sans rien faire", il s'est finalement présenté en leader du gouvernement : "j'ai voulu qu'on agisse : le gouvernement décide d'agir".
source:lemonde



