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Monde : Jean-Claude Juncker accuse Tony Blair d'être responsable du fiasco du sommet
Posté par hicham le 23/6/2005 0:41:14 (986 lectures)

a la tête de l'Union européenne pour une semaine encore, le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a tiré un bilan amer de sa présidence, mercredi 22 juin, devant le Parlement européen. Il a également pris soin de miner le terrain de son successeur, Tony Blair, attendu jeudi devant les eurodéputés.

M. Juncker a de nouveau fustigé le numéro un britannique, lui imputant l'entière responsabilité de l'échec du sommet de Bruxelles de la semaine dernière. Doyen en exercice des dirigeants des Vingt-Cinq, il a réaffirmé sa conviction que la crise actuelle était "profonde", opposant "deux camps qui s'affrontent : ceux qui pensent déjà que l'Europe va trop loin et ceux qui pensent, comme moi, qu'elle doit aller encore plus loin".

Il l'a assortie d'une mise en garde en appelant à un sursaut des partisans d'une plus grande intégration politique. "Notre génération n'a pas le droit de défaire ce que les générations précédentes ont fait parce que les générations qui vont suivre veulent avoir une Europe solidaire, une Europe sociale, une Europe compétitive, une Europe forte dans le monde. Alors, Vieux Européens, allons-y, courage!", a-t-il lancé.

OVATION DES EURODÉPUTÉS

Sans jamais nommer M. Blair, Jean-Claude Juncker a méticuleusement énuméré ses griefs contre le dirigeant britannique au long d'un discours de près de 50 minutes, interrompu par les applaudissements des eurodéputés qui l'ont ovationné debout avant et après son intervention. Tout en récusant le moindre "esprit de revanche", il a avoué n'avoir "aucune envie d'être diplomatique quand l'Europe est en crise".

Le premier ministre luxembourgeois a accusé M. Blair d'avoir, par son refus d'abandonner un sou du rabais concédé depuis 1984 au Royaume-Uni, manqué de solidarité avec les nouveaux Etats membres mais aussi empêché une solution pour les contributions unanimement jugées excessives des Pays-Bas et de la Suède. Il lui a aussi reproché son insistance à exiger une remise à plat immédiate des dépenses de la politique agricole commune (PAC), quand ses partenaires, France incluse, étaient prêts à accepter l'idée de revoir à partir de 2008 l'ensemble de la structure des finances communautaires.

"Il n'est pas vrai de dire que la présidence a voulu tuer le chèque britannique. Nous avons voulu lui donner une tournure plus solidaire pour les nouveaux Etats membres. On a eu tort de rejeter ce paquet", a déclaré M. Juncker. "Je voulais vous le dire parce que personne ne vous l'a dit et parce que vous risquez d'entendre une autre explication sous peu", a-t-il souligné, en allusion à la venue de Tony Blair, jeudi devant le Parlement européen, pour présenter les priorités des six mois de présidence britannique, qui débuteront le 1er juillet.

SECONDE ATTAQUE CONTRE TONY BLAIR

Le premier ministre luxembourgeois a fait valoir qu'il avait "maintenu le chèque britannique dans son principe", dans sa dernière offre de compromis sur le budget 2007-2013 de l'UE, rejetée vendredi soir par Londres. M. Juncker avait consenti à y relever à 5,5 milliards d'euros le plafond du rabais britannique à partir de 2007. La ristourne, a-t-il fait valoir, aurait alors été payée uniquement par l'ancienne "Europe des Quinze". La contribution britannique, elle, n'aurait servi qu'à financer les aides aux régions défavorisées des dix nouveaux membres, sans aller aux subventions agricoles honnies par le Royaume-Uni.

Ce second réquisitoire en moins d'une semaine contre Tony Blair a en grande partie occulté les quelques succès d'une présidence luxembourgeoise brisée par la crise consécutive au non à la ratification de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas. M. Juncker s'est tout de même félicité d'avoir mené à bien la réforme du pacte de stabilité et remis sur les rails les relations transatlantiques.

"Qui aurait pensé il y a un an que l'Union européenne et les Etats-Unis se donneraient la main pour faire en sorte que la paix s'installe en Irak?", a-t-il interrogé, au moment où Bruxelles accueillait, jeudi, une conférence internationale de soutien à la reconstruction de ce pays.
source:lemonde

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