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Maroc : Le calvaire de Halima, petite bonne martyrisée à 12 ans
Posté par hicham le 22/6/2005 16:09:43 (3448 lectures)

La honte d'un phénomène récurrent
Le 11 juin dernier, une petite fille de 12 ans environ a tenté de se jeter du 3e étage, pour mettre fin à ses souffrances. Employée depuis cinq ans dans une maison pour 200 DH par mois, Halima n'en pouvait plus de subir les violences quotidiennes de ses employeurs. Sauvée in extremis par des voisins alertés, la petite fille est, en ce moment, sous anti-dépresseurs à l'hôpital Baouafi où une équipe de médecins essaie de panser ses blessures et de la libérer, bien que ce ne soit pas aisé, de ses traumatismes psychiques.

L'enfant est suicidaire, selon ses médecins, et risque à tout moment de sombrer si on lui impose de retourner auprès de sa mère qui risque de «la vendre» à nouveau.

C'est fort probable quand on sait que celle-ci a renoncé à ses droits civils et a fait un témoignage qui compromet sérieusement la démarche de l'association INSAF, partie civile dans ce dossier, pour récupérer la petite fille. Que faut-il en déduire ? La mère ne peut agir seule.

Elle est d'ailleurs toujours flanquée d'un membre de la famille incriminée, même quand elle rend visite à sa fille. Le jour où elle se présente chez le procureur pour demander la garde de sa fille, elle est accompagnée d'un avocat. Afin de protéger Halima contre toute pression, le procureur et le psychiatre ont fait contrôler les visites.

L'affaire est loin d'être terminée. Ceci d'autant plus que le cas de la petite Halima n'est malheureusement pas isolé. Il ne se passe pas une année sans que la presse ne se fasse l'écho de plusieurs cas semblables. Si ce qui est arrivé à Halima est le lot de la grande majorité des «petites bonnes», il n'en illustre pas moins la complexité de la situation qui a conduit au développement de ce phénomène. Plus la pauvreté s'étend, plus le nombre de ces petites bonnes augmente.

Selon des informations non officielles, elles seraient entre 66.0000 et 88.000 à user leurs jeunes corps, prématurément. 24.000 dans la seule ville de Casablanca. Difficile, dès lorsque l'on habite la capitale économique, Rabat, Marrakech ou encore Tanger ou Agadir, de n'en avoir jamais croisé.

Sans mot dire certes, parce que rares sont ceux qui dénoncent pareilles situations autrement que du bout des lèvres. Il s'en trouve même qui, tout en menant campagne ouvertement contre celle-ci, emploient plus d'une petite bonne chez eux. Dans l'attente que ce genre de tartuffes disparaisse de la scène, force est de constater que les ONG nationales sont très actives sur ce plan et que notre pays a fait beaucoup d'efforts en matière législative.

source:lematin

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