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Monde : Un Syrien inculpé dans le meurtre de Tuéni
Posté par Blue le 28/12/2005 10:43:30 (912 lectures)

liban C'est la première fois qu'un suspect syrien est placé en état d'arrestation depuis le début de la série d'assassinats politiques au Liban en octobre 2004.

LES AUTORITÉS libanaises ont procédé hier à l'arrestation d'un suspect syrien dans l'enquête sur le dernier assassinat politique commis dans le pays, celui du patron de presse Gebrane Tuéni, connu pour son opposition à la tutelle syrienne sur le Liban. Il s'agit d'un ferrailleur qui louait un terrain vague jouxtant la route étroite de Mkallès, en banlieue est de Beyrouth, où le véhicule blindé du PDG du quotidien à grand tirage An Nahar a été détruit le 12 décembre par une fourgonnette bourrée d'explosifs.


Abdel-Kader Abdel-Kader, 30 ans, était l'un des trois ressortissants syriens placés en garde à vue sur ordre du procureur militaire Rachid Mezher à la suite de l'attentat qui a également coûté la vie au chauffeur et au garde du corps du député de Beyrouth et blessé une trentaine de personnes. Les deux autres ont été relâchés.


Au total, plus de 24 personnes ont déjà été entendues dans l'enquête sur ce quinzième attentat qui a frappé le Liban depuis octobre 2004. Jusqu'à présent, aucun d'entre eux n'a été élucidé, même si une grande partie de la classe politique libanaise accuse ouvertement Damas de les avoir commandités. La Syrie dément quant à elle toute implication.

Enquête internationale élargie


L'inculpation d'un ressortissant syrien est donc une première. Elle est le résultat de la surveillance du réseau téléphonique libanais. Le suspect est accusé d'avoir passé un coup de fil juste avant et aussitôt après la déflagration, provoquée par au moins quarante kilos d'explosifs. Un procédé d'alerte similaire aurait été utilisé pour l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février. Cet attentat avait créé une onde de choc au Liban, contribuant, deux mois plus tard, au retrait total des troupes syriennes du pays, sous la pression conjuguée de la communauté internationale et de manifestations populaires sans précédent.


Le meurtre de Gebrane Tuéni est intervenu quelques heures avant une réunion du Conseil de sécurité destinée à examiner le second rapport d'étape du chef de la commission internationale désignée par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais. Le magistrat allemand Detlev Mehlis y conclut à l'existence de «preuves convergentes» sur l'implication des renseignements syriens et libanais. Mais en l'absence d'une coopération sincère de la part des autorités syriennes, la commission qu'il dirige n'a pas été en mesure de remonter les pistes en Syrie même, pour y trouver des suspects. Elle s'est contentée d'entendre à Vienne le témoignage de cinq hauts responsables syriens, dont l'ancien chef des renseignements militaires au Liban, Rostom Ghazalé.


L'émotion suscitée par l'attentat qui a coûté la vie au PDG d'An Nahar a poussé le gouvernement libanais à demander l'élargissement de l'enquête internationale à tous les attentats perpétrés au pays du Cèdre, et notamment à celui de Gebrane Tuéni. Cette demande n'a pas été suivie par l'ONU. En revanche, la résolution 1 644 du Conseil de sécurité autorise la commission d'enquête à étendre son assistance technique aux autorités libanaises pour leurs investigations dans les autres attentats. Le procédé d'analyse des communications téléphoniques, mis au point par Detlev Mehlis et son équipe, a été l'une des principales pistes suivies par la commission internationale dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Elle a notamment conduit à deux frères appartenant à la confrérie des Ahbache, un mouvement islamiste sunnite proche des Syriens.


L'un de ces suspects est soupçonné d'avoir composé le numéro du président de la République. D'autres appels mènent à l'un des plus proches collaborateurs d'Emile Lahoud, le chef de la garde présidentielle Moustapha Hamdane qui est sous les verrous, ainsi que trois autres généraux. Au total, une dizaine de Libanais ont été arrêtés depuis le mois d'août pour leur responsabilité présumée dans l'assassinat de Rafic Hariri.






Source : Lefigaro

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