Une rentrée littéraire bien maigre

Est-ce par pauvreté de l’univers littéraire ? Ou simplement par manque de coordination entre les différents acteurs culturels ? Il semblerait que cela soit un peu des deux.

En effet, sur le plan productivité, la rentrée s’annonce bien maigre. Les écrivains marocains écrivent à l’inspiration, ce qui peut prendre des années entre un bouquin et un autre. Alors qu’en Europe, les romanciers essaient de proposer une nouveauté à chaque rentrée. Il est néanmoins bon de noter que cette forte productivité en Europe est due à un grand lectorat.

La carence n’est pas tant quantitative, elle est également qualitative. Le lectorat marocain, aussi minime fut-il, se plaint du manque de nouveautés sur le marché ainsi que des sujets abordés par les romanciers. Beaucoup d’efforts restent donc à fournir par les auteurs, mais aussi les éditeurs et surtout par les lecteurs, que nous espérons voir de plus en plus nombreux. Cependant, pour montrer que les auteurs et les éditeurs ne chôment pas, voici ce que vous réserve la rentrée littéraire.

Les éditions La croisée des Chemins propose d’abord quelques essais dont «Idéal Humain» d’André Malraux, collectif dirigé par Anissa Chami, «La psychanalyse au Maroc» de Rochdi Chamcham, «Eveil et civisme chez l’enfant» d’Assia Lemsefer Akesbi, et «Une civilisation musulmane universelle» de Karim Bennani Tajeddine.

Ensuite, dans la catégorie beaux livres, «Le cèdre de l’Atlas» préfacé par S.A.R. la Princesse Lalla Hasnaa et le Prince Laurent de Belgique et «Les Greniers collectifs de l’Atlas» de Salima Naji. Dans une tout autre catégorie, qui est celle des romans, La croisée des Chemins publie «Le jardin Andalou» de Ahmed Tazi, «17 Regards sur le Maroc» de Natacha Potier, «Permettez-moi Madame de vous répudier» de Mokhtar Chaoui et le dernier de Hamza Othmani, «Si Mogador m’était conté».

De nouveaux auteurs sont apparus cette saison chez cette maison d’édition tels Anas Guessous qui publie «Des Sous et des Soucis», Meriem Ghorfi avec «Les Amants de Fès» et Ahmed Tazi avec «Le jardin andalou».

Chez Tarik Editions, la rentrée littéraire s’annonce intéressante avec de nombreux ouvrages. Cette jeune maison d’édition a déjà marqué l’été avec la sortie du livre de Mehdi Bennouna «Héros sans gloires». Pour la rentrée, elle publie les mémoires des Serfaty sous l’appellation : «La mémoire de l’autre», «À l’ombre de Lalla Chafia» de Driss Bouissef et « Voyage au cœur de l’Intifada» de Hinde Taarji. Dans la catégorie roman, Tarik Editions propose Ali Bécheur pour «Le complexe du hérisson», Habib Mazini pour «Tunis blues» et Gilbert Torrès pour «Curubandé des Amériques, le Bangala».

Autre nouveauté de la rentrée pour cette maison d’édition, les traductions en arabe de certains livres dont «Sortir de la prison», du militant tunisien Ahmed El Othmani, qui raconte les expériences menées à travers le monde par l’association PRI (Penal Reform International) pour la réforme des systèmes carcéraux. Ce livre, déjà dans les librairies depuis trois ans, vient d’être traduit en arabe compte tenu de son importance.

Autre traduction, mais pour un autre genre littéraire, celle du récit autobiographique «Le grand frère des banlieues», du champion du monde de boxe Abel El Quandili. Un récit dont les droits ont été rachetés par Tarik Editions pour faire une édition locale. Dans un tout autre registre, «Maroc : régions, pays et territoires», sorti il y a trois ans de cela et qui a obtenu en juin 2006 le prix Grand Atlas, est traduit en arabe pour la rentrée. Et toujours dans le cadre de la nouvelle saison littéraire et pour la tournée prévue à cet effet dans les instituts français en octobre, le livre «Le rouge du tarbouche» a été réédité.

Siham Fawzi

LE MATIN

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