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Un enfant décède d’une méningite à Casablanca

Une panique s’est installée, surtout chez les parents qui demandent conseil. C’est un cas regrettable mais sporadique et il y en a tout le temps, donc il n’y a rien d’inquiétant», confirme Pr. Laraki, réanimateur-pédiatre.

Le petit enfant avait «un purpura fulminans (voir encadré) avec choc sceptique et défaillance multiviscérale, qui est une infection particulièrement grave, foudroyante et souvent mortelle», selon le Pr. Laraki.

Présentant des symptômes de méningite – fièvre, courbatures, vomissements, raideur méningée – constatés dimanche par son pédiatre traitant, il a été admis aux urgences lundi à la première heure. Exactement à 7h30, dès l’apparition de taches rouges.

«Toutes les dispositions nécessaires ont été prises et le cas a été traité en toute urgence. Malheureusement, vu la gravité du cas, nous n’avons pu sauver l’enfant. Au courant de la matinée du lundi, dès que nous avons diagnostiqué le purpura fulminans, nous avons pris attache avec le service d’hygiène du ministère de la Santé qui a ouvert une enquête épidémiologique», relate Pr. Laraki.

Le docteur Bahaâ Rabii, du service d’hygiène, s’est chargée de l’enquête et nous a confirmé l’absence d’épidémie de méningite. «Nous avons procédé sur place à une chimio-prophylaxie (un traitement préventif) pour les membres de la famille du patient, spécialement la petite sœur, et pour l’ensemble du personnel traitant. Puis nous avons mené une enquête au niveau de l’établissement scolaire et nous avons administré le traitement préventif à tous ses voisins de classe», explique Dr. Rabii. Et d’ajouter : «Aucun autre cas n’a été relevé à l’école, donc nous ne pouvons parler d’épidémie et il n’y a aucun danger pour les autres enfants».

Justement, au niveau de l’école, au lendemain du drame, tout semble normal. Le personnel enseignant et les élèves semblent certes affectés par la mort de ce jeune petit, mais bizarrement, les responsables de l’établissement (l’un des plus connus de la place casablancaise) ne veulent faire aucune déclaration à ce sujet, ne serait-ce que pour confirmer la procédure adoptée par le service d’hygiène. Jusqu’au moment où nous mettons sous presse, aucun membre du groupe scolaire ne semble habilité à communiquer, pas même leur responsable de communication… Crainte de mauvaise publicité ? Sans aucun doute.

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Qu’est-ce que le «purpura fulminans» ?

Définition
Il existe de nombreuses formes de «purpura» qui ne sont pas forcément dangereuses. Il faut en effet distinguer le «purpura», qui signifie «tache rouge», du «purpura fulminans», qui est une infection particulièrement grave, foudroyante et souvent mortelle.
Le «purpura fulminans» touche souvent les enfants et les adolescents, mais les adultes peuvent aussi être infectés.
Cette maladie bouleverse tout l’organisme et peut-être mortelle ou laisser de graves séquelles, comme une débilité mentale, une insuffisance rénale ou encore des gangrènes des membres, imposant des amputations.
Elle est généralement provoquée par une bactérie très dangereuse, le méningocoque, par ailleurs responsable d’épidémies de méningites graves et mortelles.
Les symptômes
Le «purpura fulminans» se manifeste d’abord par une fièvre, des courbatures et une accélération du rythme cardiaque et de la respiration. Quelques heures après, apparaissent des taches rouge pourpre ou violacées qui prennent la forme de petits points appelés «pétéchies», ou celle de véritables ecchymoses.
De plus, ces taches ne s’effacent pas lorsque l’on appuie dessus avec le doigt. Le «purpura» est dit «fulminans» lorsque ces lésions s’étendent rapidement. L’infection est alors gravissime. Elle commence au niveau des pieds et des jambes puis remonte rapidement le long du corps vers le tronc et les bras. Les lésions deviennent ensuite confluentes, pour former une gigantesque tache.

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La surveillance épidémiologique au Maroc

Au Maroc, la surveillance épidémiologique repose sur les déclarations obligatoires d’un certain nombre de maladies aux autorités médicales. Ces déclarations sont réglementées par le décret royal n° 554-65 du 17 Rabiî Ier 1387 (26 juin 1967) dont les modalités d’application sont fixées par l’arrêté ministériel n° 683-95 du 30 Chaoual 1415 (31 mars 1995), qui rend obligatoire la déclaration de certaines maladies et la prescription des mesures prophylactiques propres à enrayer les maladies. Ces déclarations sont transmises au ministère de la santé publique.
Depuis la création de la Direction de l’épidémiologie en 1990, de grands progrès ont été réalisés dans le domaine de l’épidémiologie et de la surveillance épidémiologique.

Actuellement, le problème qui se pose dans le domaine de la lutte contre les maladies est le manque de personnel qualifié, formé aux méthodes de surveillance épidémiologique et de riposte aux épidémies. Il existe un besoin manifeste d’information et de formation du personnel, notre pays s’étant engagé dans des projets régionaux et internationaux où la surveillance épidémiologique est primordiale. La surveillance de maladies émergentes et réémergentes, la surveillance de la santé et de l’environnement et la surveillance dans la région euro-méditerranéenne.

Fatim-Zohra H. Alaoui
LE MATIN

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