Un «barbu» déleste une somme de 712.000 DH

«Ce n’est pas vrai… ». C’est la seule phrase qu’un caissier a prononcée quand il a rouvert la caisse qui renfermait 712.000 dirhams avant de perdre connaissance. La scène s’est déroulée en mai dernier dans une société de produits laitiers située sur boulevard La Gironde, préfecture des arrondissements Al Fida-Mers Sultan, à Casablanca. Qui a profité de son absence pour mettre la main sur le pactole ? Aucune réponse pour l’instant. Les employés se préoccupaient au début de réveiller leur collègue. Mais tout le monde a remarqué qu’une seule personne était absente : le gardien. Où était-il ? Pas de réponse. Quand le caissier a repris connaissance, il a affirmé qu’il attendait les éléments de la société chargée du transport des fonds pour leur remettre l’argent. Seulement, bien que midi ait passé de plus d’une demi-heure, ils ne sont pas encore arrivés. Alors qui voulait déjeuner. Que devait-il faire ? Surtout qu’il y avait deux techniciens de la société à l’intérieur de son bureau. Et il ne pouvait pas patienter une minute de plus avant l’arrivée des éléments chargés du transport de fonds. La solution ? Il a sollicité le gardien de veiller sur le bureau en présence toujours des deux techniciens. Et il est parti déjeuner dans une laiterie située pas loin de son lieu de travail sans mettre les deux clés de la caisse dans sa poche. Il les a laissées sur son bureau. Quand il est retourné, il n’a trouvé personne au bureau. A-t-il subtilisé la somme d’argent avant de disparaître ? Le gardien était, depuis 2005, un jeune musulman Salafiste, barbu, pieux, qui ne portait que « la Foukia» et qui ne ratait aucune des cinq prières et le jeûne durant les lundis et les jeudis. Les éléments de la police judiciaire d’El Fida-Mers Sultan ont été alertés. Une enquête a été diligentée. Après avoir interrogé le caissier, les enquêteurs ont soumis aux interrogatoires les deux techniciens qui étaient au bureau. Ces derniers ont attesté avoir été appelés par le gardien qui leur a sollicités d’aller voir un responsable. Mais, ils ont découvert que ce dernier ne les avait pas demandés. Un troisième employé a révélé aux enquêteurs avoir remarqué le gardien qui sortait par la grande porte de la société avec un petit sac en jute. Les enquêteurs se sont dépêchés au quartier Mabrouka où demeure le gardien. Mais le résultat de la surveillance permanente était négatif. Il fallait attendre cinq mois plus tard, lundi 8 septembre, pour mettre la main sur le gardien quand il s’est apprêté à sortir de la gare routière Ouled Ziane à Casablanca. Il n’est plus barbu, ni en « Foukia ». Conduit au commissariat de la police et soumis aux interrogatoires, il a avoué son délit. Pourquoi l’a-t-il commis? Bien qu’il était Salafiste, a-t-il avoué aux enquêteurs, il a entretenu une relation amoureuse avec une mère de trois enfants, divorcée. C’est elle, selon ses déclarations devant la police, qui l’a incité à profiter d’une occasion pour mettre la main sur l’argent mis à la caisse par le caissier. Quand l’occasion est venue, il ne l’a pas ratée. Et il a remis 700.000 dirhams entre les mains de sa maîtresse avant de partir vers à Jadida avec uniquement 12.000 dirhams en poche. Il a loué un appartement à 6400 dirhams par mois. Sa maîtresse le rejoignait de temps en temps et lui remettait à chaque fois une somme d’argent. Quelques mois plus tard, sa maîtresse a changé le numéro de son téléphone et elle a disparu sans donner signe de vie. C’est pour la chercher qu’il est retourné à Casablanca. Mais, la police était à son accueil.

Abderrafii ALOUMLIKI

Aujourdhui.ma

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