Polisario : agitation militaire à Mijik

Ce n’est pas la première fois que le Polisario a recours à ce genre de manœuvres. Mais la nouveauté, c’est que ces manœuvres interviennent au lendemain de son engagement face à la communauté internationale en faveur de négociations sur la base de la bonne foi, comme cela a été précisé dans la résolution 1754 du Conseil de sécurité», relève Mohamed Talib, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes, dans une déclaration à «ALM».

Que cherche alors le Polisario par cette nouvelle manœuvre ? A cela, il y a une raison principale. «Le Polisario veut faire de la pression politique en perspective des négociations avec le Maroc sous l’égide des Nations unies», explique M. Talib, ajoutant que les Nations unies, par le biais de la Minurso, sont appelées en premier lieu à intervenir avec fermeté pour interdire ce genre d’hostilités sous peine de voir le Polisario violer l’accord de cessez-le-feu en cours depuis 1991.

Le Maroc, rappelons-le, avait adressé, au lendemain des «festivités de Tifariti », une lettre aux Nations unies dans laquelle il estimait que ce genre de manifestations «revêt un caractère gravissime et provocateur et (représente déjà) une violation flagrante du cessez-le-feu en raison de l’encadrement habituel de pareilles marches par des éléments militaires du Polisario habillés en civil pour la circonstance».

Mais voilà, le retour à ce genre de manœuvres, – intervenu, juste après que le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité de ses membres la résolution 1754 -, représente un nouveau défi à la communauté internationale. «Le Polisario se déclare, d’une part, favorable à la négociation, et de l’autre, brandit la menace du retour aux armes. Ce double langage témoigne, de manière flagrante, de l’absence de bonne foi et de sérieux chez les dirigeants du Polisario», fait constater Husseïn Beïda, autre membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes.

Au-delà des Nations unies, «les Etats-Unis d’Amérique sont appelés à leur tour à peser de tout leur poids pour arrêter cette mascarade, exhorte M. Talib, qui rappelle que la Maison-Blanche avait, par le biais de son ambassade à Rabat, demandé aux ONG marocaines de s’abstenir de se diriger vers Tifariti. «Les Etats-Unis doivent aujourd’hui faire de même en appelant le Polisario à cesser ses provocations», appelle-t-il. En ce qui concerne le Maroc, il doit intervenir pour sa part auprès de Nouakchott pour empêcher l’acheminement par le Polisario du matériel militaire vers la région de Mijik, située à une centaine de kilomètres de Zouérate en Mauritanie.

M’Hamed Hamrouch

Aujourdhui.ma

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