Les desseins des terroristes déjoués

Le quartier a été immédiatement quadrillé et sécurisé par un important dispositif sécuritaire. Plusieurs maisons limitrophes ont été vidées de leurs propriétaires et les habitants voisins, qui ont été évacués dans la nuit, n’ont pu regagner leurs domiciles qu’hier mercredi vers dix heures du matin, après le départ des éléments de la police scientifique.

Les autorités sécuritaires présentes sur les lieux n’ont donné aucune indication sur la nature des matières explosives trouvées dans cette chambre ni sur leur quantité. Selon des informations qu’on a pu avoir sur place, quelque deux cents kilogrammes de matières pouvant servir à confectionner des explosifs ont été trouvés dans la chambre.

Huit autres charges explosives prêtes à l’utilisation ont également été découvertes dans cette chambre.

Mais, à l’heure où nous mettions sous presse, aucune information officielle n’a encore été donnée.

Passée au peigne fin par les éléments de la police scientifique, la chambre, très étroite, est malpropre. Des fèves sont toujours dans une gamelle et beaucoup de cotons tiges jonchent le sol. Beaucoup ont seulement servi à un usage hygiénique. A côté de la chambre se trouvent des toilettes, sans porte, et dans un très mauvais état.

Selon la propriétaire de la maison où ont été trouvés les explosifs, la chambre a été louée (700 DH par mois) par trois personnes depuis deux semaines.

Les trois individus, dont l’âge se situe entre 20 et 24 ans, prétendaient venir de la ville de Safi et exercer une activité de commerçants au Hay Mohammadi. Ils ont toujours trouvé des prétextes pour ne pas fournir leurs cartes d’identité nationale et la femme ne connaît ni leurs noms, ni leurs prénoms.

Le seul prénom qu’elle ait retenu est celui d’un certain Mustapha.

Elle l’a appris en entendant son ami l’appeler ainsi. Les trois individus étaient apparemment calmes, sans histoires et «propres», selon l’expression de la propriétaire. Seul signe distinctif: ils rentraient chez eux tard le soir.

Bien évidemment, la femme n’a jamais rien remarqué de suspect.

«Dimanche dernier, je suis, encore une fois, montée chez eux leur demander les photocopies de leur CIN, mais la chambre avait été cadenassée et ils ne sont jamais revenus», souligne la femme. Selon elle, ils avaient apporté dès leur arrivée deux «grands sacs noirs», mais, ils n’ont jamais reçu d’autres personnes chez eux.

Selon le témoignage de plusieurs habitants du quartier, ces individus étaient totalement inconnus.

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Pied de guerre

Rappelons que les services marocains de sécurité sont sur le pied de guerre depuis plusieurs mois. Ils ont régulièrement annoncé le démantèlement de cellules terroristes au Maroc. Dernière arrestation importante annoncée il y a six jours, celle de Saad Houssaini, 44 ans, que la police traquait depuis 2002.

Il est soupçonné de liens avec Al Qaïda et d’implication dans les attentats de Casablanca de 2003 et de Madrid du 11 mars 2004. Il a été présenté comme le chef de la commission militaire du GICM (Groupe islamique combattant marocain).

Cependant, aucun attentat à la bombe n’a été enregistré depuis le 16 mai 2003, jusqu’au soir de dimanche dernier à Sidi Moumen, où un kamikaze a trouvé la mort et son complice, grièvement blessé, a été arrêté. L’explosion a fait trois autres blessés. Un responsable de la préfecture de Casablanca avait affirmé que les deux kamikazes de Sidi Moumen ne visaient pas le cybercafé, mais comptaient recevoir des instructions de leurs dirigeants via Internet pour se diriger vers d’autres lieux.

Mohamed AKISRA

LE MATIN

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