Le transport en commun : un vrai casse-tête en été

A titre d’exemple, les habitants de Sidi Bernoussi ou Sidi Moumen sont contraints de prendre plusieurs moyens de transport pour se rendre à la plage de Aïn Diab. Un vrai parcours du combattant qui dure plusieurs heures où confort et sécurité sont les derniers soucis de ces amateurs de sable, de soleil et de baignades. «Nous sommes bien obligés de nous entasser dans les bus si nous voulons profiter de la fraîcheur de la plage», explique un jeune habitant de Hay Mohammadi.

« Le secteur du transport public en commun connaît une grande anarchie en temps normal, alors vous imaginez le chaos qui règne durant la saison d’été. Même que certains conducteurs d’autobus ne s’arrêtent plus quand ils voient beaucoup d’estivants», rétorque cette femme qui prend le bus avec ses trois enfants dès 6 heures du matin.

Cependant, pour ces conducteurs, les jeunes qui prennent le bus vers la plage sont souvent une source de problèmes. «Non seulement ils refusent de payer mais ils commencent à hurler, siffler et taper sur les vitres et portes du bus. Ce genre de comportement me dérange autant que conducteur et nuit aussi à la sécurité des passagers», explique un chauffeur de bus. Les habitants des quartiers périphériques sont donc obligés de se munir de beaucoup de courage et surtout de patience pour arriver aux plages casablancaises. Chose qui résignent beaucoup de familles, notamment celles à faibles revenus, à faire ce genre de déplacement.

Mais pour les jeunes intrépides au budget serré, il n’est pas question de renoncer à la fraîcheur et aux tentations de la plage. «Je fais le trajet vers la plage de Aïn Sebaâ à pied, ou en auto-stop si j’opte pour Aïn Diab.

C’est plus amusant que de prendre un bus déglingué à 3 DH , affirme un jeune habitant de Hay Mohammadi âgé de 12 ans. Certaines familles de l’ancienne médina adoptent également le même choix.

Chargées de grands sacs où elles entassent serviettes, bouteilles d’eau et marmite du déjeuner, quelques mères de familles regroupent leurs petits, chacun «un outil de plage» à la main, direction le rivage de Aïn Diab. «Nous avons de la chance d’habiter à côté de Aïn Diab. Ainsi, nous n’avons pas à affronter le problème de transport ou de stationnement», indique avec ironie une résidente de l’ancienne médina.

En effet, même les estivants motorisés n’échappent pas à ce casse-tête. Ils sont souvent confrontés aux problèmes de stationnement.

« A chaque fois, je suis obligé de perdre du temps à rôder avant de trouver un emplacement pour garer ma voiture», explique un conducteur casablancais.

Ainsi, malgré le progrès enregistré au niveau des plages Casablancaises sur le plan de la sécurité, de la propreté et de l’animation, des efforts sont encore à fournir pour faire bénéficier, sans désagréments, le maximum d’estivants de ces sites balnéaires.

Concernant les personnes qui ont pris le bus du matin pour la plage, le voyage de retour est une autre histoire !

Nadia Ouiddar

LE MATIN

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