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La lutte continue contre les accidents de la route

Avec une moyenne de 10 morts et 114 blessés par jour et un coût équivalent à 2,5% du PIB, soit plus de 11 milliards de DH par an, les accidents de la circulation constituent un vrai fléau qui s’érige en obstacle réel à la réalisation du développement touristique et économique du pays.

Le changement des comportements dangereux de la conduite automobile est l’objectif majeur de la nouvelle politique de la prévention des accidents de la route. Il est motivé par la mise en place d’un système dissuasif intense et moderne de contrôle routier destiné à réduire les infractions aux règles de conduite. Aussi, les campagnes de sensibilisation se multiplient-elles. Elles sont ciblées, intégrées et durables, puisqu’elles concernent la catégorie la plus vulnérable des usagers de la route : Les piétons, les enfants, les personnes âgées et les handicapés.

De même, les mesures prises par les pouvoirs publics pour prévenir les accidents de la circulation commencent à apporter leurs fruits. Le nombre des accidents de la circulation a sensiblement baissé. Il a été diminué de 5,9 % entre avril 2004 et avril 2005, a affirmé Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports, lors d’une conférence de presse organisée, mardi à Casablanca, par le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), pour lancer, parallèlement à l’opération transit 2005, une campagne de sensibilisation aux dangers de la route. Avec une moyenne de 10 morts et 114 blessés par jour et un coût équivalent à 2,5 % du PIB, soit plus de 11 milliards de DH par an, les accidents de la circulation constituent un vrai fléau qui s’érige en obstacle réel à la réalisation du développement touristique et économique du pays.

Pour y faire face, le gouvernement a pris des mesures qui s’intègrent dans le cadre du Plan stratégique intégré d’urgence de sécurité routière, initié depuis 2003 par le département des Transports et qui sont entrées en vigueur à partir du mois d’avril 2004. Depuis cette date et selon les données disponibles, ce plan a contribué à une baisse sensible des accidents de circulation par rapport à une année auparavant. Il met l’accent sur la multiplication des contrôles routiers, dont l’efficacité est actuellement pénalisée par la corruption et les nombreux passe-droits, sur la sévérité renforcée des sanctions et la modernisation de la formation des apprentis conducteurs.

Prévue initialement à Tanger, la campagne de sensibilisation baptisée Changeons de conduite a pour objectif d’informer nos ressortissants résidants à l’étranger sur les efforts déployés dans le domaine de la sécurité routière, ainsi que des différentes mesures réglementaires prises par les pouvoirs publics dans sa lutte contre ce fléau qui coûte 8 milliards de dirhams chaque année à la collectivité. Elle intervient quelques semaines après que le ministre de la Justice ait adressé une circulaire aux parquets généraux près des différentes juridictions du Royaume portant sur une série de mesures et dispositions visant à réprimer, avec fermeté et efficacité, les responsables des accidents de la circulation.

Les magistrats du parquet général sont, désormais, obligés de se déplacer immédiatement sur les lieux de l’accident pour s’arrêter sur les circonstances et les causes, et de placer les responsables des accidents dangereux en garde à vue ou en détention préventive. Ils peuvent aussi retirer le permis de conduire des contrevenants et assuré un suivi minutieux de l’enquête menée par la police judiciaire afin qu’elle comporte tous les éléments précisant les circonstances de l’accident et déterminant les responsabilités. Ils auront également pour charge de soumettre les conducteurs ayant consommé de l’alcool à l’Alcotest , d’oeuvrer à la constitution des dossiers des accidents de la circulation avant leur présentation aux audiences et de hâter le jugement, tout en respectant les droits de la défense.

Dans ce cadre, le ministère de tutelle a procédé à l’acquisition de 10.000 appareils d’Alcotest qui vont être utilisés après une prochaine signature d’une circulaire autorisant leur mise en service.

Les magistrats du parquet général doivent aussi requérir des peines répressives et appropriées à la gravité de l’acte à l’encontre des auteurs des accidents de la circulation et lancer des poursuites contre les auteurs des accidents de la circulation dangereux. Ils ont notamment la charge d’ordonner à la police judiciaire de renforcer le contrôle des propriétaires des véhicules de transport public: autocars, camions, petits et grands taxis, en vue de vérifier s’ils répondent aux normes de sécurité.

Ces mesures interviennent juste après la sortie des premières promotions des brigades mobiles de la circulation routière. Ces dernières opèrent actuellement dans les axes routiers et les zones considérées comme des points noirs en termes d’accidents. Elles sont renforcées par de nouvelles unités de la sécurité routière relevant de la Gendarmerie Royale qui interviennent dans les tronçons routiers les plus meurtriers. Elles ont pour mission essentielle d’appuyer sur le plan logistique les équipes traditionnelles chargées du contrôle routier durant toute l’année.

Leur rôle est de réguler, de faire respecter le code de la route et d’assister tous les accidentés jusqu’à l’arrivée des secours. Pour accomplir à bien tâche, ces unités auront à leurs dispositions une quarantaine de radars numériques et 100 radars portables, ainsi que d’autres radars automatiques fixes. Un appel d’offre est déjà lancé pour l’acquisition de 150 pièces. A noter qu’un centre de contrôle de la charge sera ouvert la semaine prochaine à Tit Mellil (Casablanca). D’autres, au nombre de six, vont bientôt voir le jour.

Pour ce qui de l’amélioration de la qualité de précision lors des visites techniques, une réforme des centres spécialisés dans cette fonction est en cours de réalisation. M. Ghallab a également rappelé la nouvelle réglementation relative à la sécurité routière. Ainsi, le port de la ceinture de sécurité est devenu obligatoire, depuis avril dernier, sous peine d’une amende de 100 dirhams.

L’usage du téléphone portable au volant est également interdit.
Aussi et jusqu’à dix ans, les enfants sont-ils interdits sur le siège passager avant. Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à l’intérieur comme à l’extérieur du périmètre urbain à partir de l’entrée en vigueur du nouveau décret modifié sur la police et la circulation urbaine , avait indiqué Azzedine Chraïbi, secrétaire du CNPAC, qui a notamment avancé, pour la 1ère moitié 2005, le chiffre 15,5 millions de DH réservé, par son département, à la communication, dont un spot publicitaire réalisée avec la participation de l’acteur Saîd Taghmaoui et d’autres spots radiophoniques en langues arabe, française et pour la première fois, en trois dialectes amazighes.
source:lematin

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