Des émigrés clandestins s’en prennent aux forces de l’ordre à Nador

[img align=right]http://www.lematin.ma/journal/photos/20050803-b-immigration.jpg[/img] Lors de cette opération, ajoute la même source, ces candidats à l’émigration clandestine, particulièrement violents, n’ont pas obtempéré aux sommations d’usage et attaqué, à coups d’épées et d’armes blanches, des éléments des Forces auxiliaires qui, en situation de légitime défense, ont fait usage de leurs armes avec des tirs de sommation.

Une balle a mortellement atteint un jeune homme, déplore le ministère qui fait part de ferme détermination à lutter contre les commanditaires et les organisateurs de ce genre de trafic qui sont les véritables responsables de ce genre de drames.

Pour sa part, le procureur général du Roi près la Cour d’appel de Nador a annoncé, dans un communiqué, avoir ordonné une autopsie pour déterminer les causes du décès et l’ouverture d’une enquête approfondie pour identifier les personnes impliquées dans l’opération d’émigration clandestine, en vue de les présenter à la justice .

Par ailleurs, une unité de la Marine Royale, en opération en Méditerranée, a arraisonné, dimanche dernier au large d’Al-Hoceïma, une embarcation pneumatique avec à bord 57 candidats marocains à l’émigration clandestine, dont deux de sexe féminin et 5 mineurs. A signaler que la coopération entre le Maroc et l’Espagne a permis d’effectuer un coup de filet dans les milieux clandestins et démanteler un réseau de trafic d’êtres humains.

Un trafic qui fait des centaines de victimes parmi les candidats marocains et ceux d’origine subsaharienne qui tentent de traverser la mer au prix de leur vie. Rien qu’en 2004, les autorités et les secours espagnols ont retrouvé 81 cadavres contre 101 en 2003 et 60 personnes ont été portées disparues.

Cependant, le nombre des émigrants repêchés a diminué, passant de 406 en 2003 à 339 en 2004. Du côté marocain, on se félicite des résultats de la lutte contre les réseaux de l’émigration clandestine puisque le pays a enregistré en 2004 une baisse de 27% par rapport à 2003 en termes de candidats à l’émigration clandestine et une hausse de 61% de réseaux démantelés.

Ce résultat a été obtenu grâce à un échange d’informations sur les points de sortie ou de destination des embarcations et les routes maritimes que les patrons des pateras utilisent lors de leurs opérations.

Cette expérience qui a été prévue initialement sur une période de six mois pendant laquelle les patrouilles sont alternées entre les côtes marocaines et espagnoles, devait être transposée, en cas de réussite, au Nord avec la création de patrouilles au Détroit de Gibraltar. Ce qui est le cas aujourd’hui, selon nombre de responsables espagnols.

Cette énième tentative avortée au large de la côte marocaine de Nador et d’Al-Hoceïma met, une fois de plus, au devant de la scène le problème de l’émigration clandestine vers l’Europe. Principale porte de l’Afrique aux frontières de l’Europe, le Maroc voit passer chaque année des milliers d’émigrés clandestins, dont la traque s’avère difficile et coûteuse. Des ressortissants maghrébins et subsahariens confrontés aux conflits et à la misère en Afrique, ne cessent de transiter par ce pays, dans l’espoir de regagner l’Europe (Espagne) souvent au péril de leur vie.

De cette situation, l’on peut déduire que la fermeture des frontières européennes et le traitement sécuritaire de la question n’ont jamais permis de lutter contre l’émigration clandestine. Cette politique fait seulement le jeu des réseaux de passeurs, un tel trafic rapportant plus de 200 millions de DH par an, aux mafias des harraga.

source:lematin

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