La femme marocaine: précieux acquis et enjeux en perspective

La Journée mondiale de la femme, célébrée le 8 mars depuis son adoption en 1977 par les Nations Unies, offre l’occasion de voir l’historique des acquis que les femmes ont obtenu et les voies qu’elles se fraient vers l’accession à l’égalité avec l’homme qui, avec le temps et sous l’influence de l’activité des organisations au féminin, ouvre progressivement les grilles de certaines chasses gardées masculines dans divers domaines de l’activité humaine.

Tout au long de la deuxième moitié du 20e siècle et début du 21e, la femme marocaine a lentement mais sûrement gagné du terrain aux plans politique, économique et culturel, domaines qu’elle avait commencé à investir et à marquer de ses empreintes depuis le jour où elle avait eu l’occasion d’aller à l’école, surtout l’école publique, qui lui avait donné les armes pacifiques de son combat pour l’émancipation.

Le mouvement féminin au Maroc a commencé à se faire une bonne place dans la société civile à partir des années 80, avec la création d’associations revendiquant l’amélioration de la condition de la femme et l’égalité des sexes dans toutes les sphères.

Né dans la foulée du débat sur le statut de la femme, ce mouvement a réussi à arracher cette égalité, sur le plan juridique au moins, entre femme et homme grâce au nouveau code de la famille promulgué en 2004. Un code qui a rompu avec une logique de tutelle et qui a livré une nouvelle vision des rapports conjugaux, basée sur la responsabilité partagée du couple au sein de la famille.

Aujourd’hui, nul ne peut nier que la femme marocaine est sur le bon chemin.

L’adoption en 2007 du Code de la nationalité, qui accorde à la femme marocaine le droit à la transmission de sa nationalité à sa progéniture, en est la preuve.

Au plan politique, avec sept femmes ministres au nouveau gouvernement et quelque 34 femmes parlementaires, le Maroc, comparé aux autres Etats de la région, est un pays où la femme a réalisé de grandes avancées en matière de participation politique.

Côté social, la femme se retrouve de plus en plus au centre des politiques du secteur en qualité d’acteur du processus de développement socio-économique.

La réalité de ces avancées ne peut cependant occulter les déficiences que la femme aura encore à combler pour soustraire définitivement sa condition à la précarité. L’implication des femmes dans l’activité économique demeure encore limitée. Selon les chiffres de 2006, le taux d’activité chez les femmes est largement inférieur à celui des hommes.

Les chiffres sur la mortalité maternelle, qui s’élève à quelque 228 sur 100.000 femmes, reflète l’amère réalité de l’absence de structures d’accueil adéquates et de personnels compétents pouvant assister les femmes en couches, particulièrement en milieu rural et dans les régions éloignées.

Un petit regard sur le chemin parcouru par les femmes du Maroc leur renvoie une image de nature à justifier le sentiment d’être fières de l’£uvre accomplie, mais à scruter les perspectives, elles ne peuvent que se rendre à l’évidence qu’elles ont encore du pain sur la planche, surtout aux plans politique et économique, où elles ont à parachever leurs conquêtes et à se lancer dans des domaines qui ne sont encore qu’entrouverts pour le genre féminin.

MAP

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